|
Mgr
Michel Visi Introduction: L’Océanie est une région du monde composée de plusieurs pays et ethnies. II est donc difficile de parler de l’Océanie; car chaque pays a sa propre histoire et expérience de la foi en Jésus Christ. On peut cependant contempler l’Océanie dans toute sa diversité et dire que ce que Dieu a crée est bon. La beauté géographique des îles d’Océanie attire aujourd’hui beaucoup de touristes. Les touristes n’ont pas seulement trouvé des belles plages; mais ils ont trouvé surtout des peuples fiers de leur foi en Jésus Christ. Certains sont revenus des îles transformés par la foi vivante des peuples d’Océanie. L’appel à la conversion adressé à tous les peuples de la terre ne s’arrête pas ici pour les peuples d’Océanie. Cet appel doit être entendu davantage en Océanie. En effet l’éloge que nous faisons de l’Eglise en Océanie aujourd’hui est le fruit de l’œuvre de tant d’hommes et de femmes qui ont témoigné Jésus Christ. Leur souvenir est un rappel constant de ce que Dieu en Jésus Christ a accompli au milieu de nous. L’émerveillement des peuples d’Océanie L’évangélisation de nos îles de l’Océanie a apporté la paix, la réconciliation et l’unité que les chefs coutumiers de nos villages n’ont pas su maintenir au milieu de leurs peuples. Dans une société où la peur des esprits maléfiques et de la sorcellerie a dominé les consciences, l’évangile a été pour les premiers chrétiens de l’Océanie une expérience de soulagement, de liberté et de libération. Depuis le début de l’Eglise en Océanie, la liturgie, en particulier les célébrations des sacrements, ont été des moments de célébrations marqués par les danses coutumières. Jusqu’à présent les gens des îles sont émerveillés de l’Eglise et de l’œuvre de l’évangélisation qu’ils constatent autour d’eux. Les bienfaits de l’évangile de Jésus Christ dépassent tout ce qu’ils peuvent imaginer. L’émerveillement est autant plus grand lorsqu’ils se reconnaissent dans les valeurs que l’Eglise défend et veut promouvoir au milieu des peuples de la terre. L’histoire de l’évangélisation des îles de l’Océanie est simplement l’évangile vécu en cette partie du monde. II y a eu accueil et refus de la foi de part et d’autre; mais le témoignage de ceux et celles qui nous ont précédés reste un émerveillement de l’évangile du Christ. Sans doute, l’émerveillement est une expression simple et réel de la foi des gens ordinaires des îles. Emerveillés de ce que Jésus a réalisé au milieu d’eux, les gens des îles se demandent comment suivre aujourd’hui Jésus Christ, le Chemin; proclamer sa vérité et vivre sa vie. Cette question n’est pas un cri de désespoir. Elle exprime la foi des peuples du Pacifique et leur volonté de rester fidèles au Christ et à son Eglise. L’assemblée spéciale du synode d’Océanie répondra certainement à la question ici posée. L’accueil du concile Vatican II en Océanie Le concile Vatican II a permis à l’Eglise de revenir à l’essentiel du message de l’évangile et à la tradition apostolique pour mieux se comprendre et définir sa mission aujourd’hui en fidélité avec Jésus Christ. L’Eglise a été donc appelée à se renouveler pour mieux découvrir sa vie et sa vocation. Ce fut le thème de communion qui a résumé toute la vie et la mission de l’Eglise. Vivre en communion en Eglise, a été un appel que les peuples d’Océanie étaient disposés à accueillir. Cet appel les a atteint profondément dans leur mentalité de vie communautaire. L’esprit de vie communautaire a facilité la communion en Eglise en Océanie. Cependant, vivre en communion a été le plus grand défi pour les populations des îles. Vivre en communion dans son propre village est facile; mais dans la communauté paroissiale formée de plusieurs villages, la communion est devenue une exigence. Les peuples d’Océanie prennent à coeur les valeurs familiales. Le plus grand défi est de vivre ses mêmes valeurs familiales dans une plus grande communauté qui est la paroisse, le diocèse ou une communauté de vie consacrée. Le témoignage est authentique lorsqu’elle est vrai et qu’il vient du fond du cœur pour exprimer Jésus Christ. L’inculturation est une forme d’évangélisation qui invite chaque personne à rechercher le Christ et de l’aimer vraiment. La participation en Eglise L’application de l’enseignement du Concile de l’Eglise sur la participation et la coopération des fidèles en raison de leur baptême ou d’un mandat délégué par l’autorité de l’Eglise a permis à un grand nombre de fidèles de contribuer à la mission confiée à leur Eglise locale. L’attitude de générosité et de solidarité vécue dans la vie traditionnelle et communautaire des peuples d’Océanie a trouvé une signification nouvelle dans la mentalité des gens des îles. Selon la tradition, le partage exige que ce qui est donné soit être rendu d’une façon ou d’une autre tôt ou tard. Le système de partage des gens des îles d’Océanie est comme une banque. Ce qui est donné ressemble à un emprunt à la banque. Celui qui reçoit à l‘obligation de rendre l’équivalent de ce qu’il reçoit. Partager sans d’être remboursé est un témoignage vécu plus particulièrement dans la vie religieuse et sacerdotale par les jeunes qui se consacrent à la vie religieuse et sacerdotale. Donner sans espérer être remboursé; mais être comblés de l‘amour de Dieu qui rend au centuple à ceux et celles qui partagent jusqu’au don de soi. L’évangélisation depuis le concile Vatican II a sensibilisé les gens a se reconnaître davantage dans l’Eglise qu’ils forment et à laquelle ils appartiennent par leur baptême. Cet appel s’est fait entendre et beaucoup de fidèles participent à l’animation de la liturgie et offrent leur coopération aux ministres de l’Eglise. Les catéchistes font un apostolat indispensable dans leur village d’origine et certains sont missionnaires dans un autre village ou île de leur pays. Ils sont plus nombreux que les prêtres et religieux(ses). En tant que proches collaborateurs de prêtres responsables de paroisse, ils enseignent la foi dans la prédication, la préparation aux sacrements et dirigent leur communauté selon l’enseignement de l’Eglise. Un des souhaits des évêques d’Océanie assemblés en Synode Spécial est de mettre en lumière l’enseignement du concile sur les droits et obligations des fidèles afin d’emmener plus de fidèles à se découvrir vraiment pour refléter clairement leur foi là où ils sont. Le respect des ancêtres Le renouveau apporté par le Concile est essentiellement un retour au source où l’Eglise prend conscience d’elle-même. Les océaniens ont toujours regardé vers le passé qui est aussi pour eux l’avenir, afin de vivre l’aujourd’hui de leur vie en conformité avec la culture léguée par les ancêtres. Dans la lumière du Concile les peuples de l’Océanie savent que la réflexion sur soi-même est avant tout un retour vers Dieu. La sagesse des ancêtres vient de Dieu. Cette sagesse s’est manifestée en plénitude en Jésus Christ. Certainement, les peuples des îles de l’Océanie peuvent toujours admirer et suivre les conseils de leurs ancêtres. Ils le feront d’une façon meilleure dans la lumière de leur foi en Jésus Christ.. L’évangile vécu en Océanie L’évangélisation des îles de l’Océanie a eu un début difficile. Les missionnaires étaient souvent confondus avec les explorateurs et navigateurs et pris pour des malfaisants venus exploiter la mer et les terres des Océaniens. On s’est méfié de l’évangélisation qu’il entreprenaient. II y a eu des Océaniens qui ont refusé les missionnaires parce qu’il ne voulaient pas laisser de côté leurs coutumes pour adhérer entièrement à la foi en Jésus Christ. C’est pourquoi en Océanie le sang des martyrs a coulé. Leur mémoire est un rappel constant de Jésus Christ le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est lui l‘unique Sauveur du monde. Aujourd’hui l’évangélisation de l’Océanie rencontre des nouvelles difficultés. Il y a actuellement des gens qui vivent traditionnellement dans leur village, d’autres vivent à la fois selon la tradition en intégrant quelques éléments de la vie moderne. D’autres encore vivent et travaillent dans des centres urbains. L’éducation a aidé énormément les populations des îles à concilier les valeurs traditionnelles avec la vie moderne. La majorité de la population a trouvé la stabilité dans les nouveaux contextes sociaux. Néanmoins, la sensibilisation des peuples d’Océanie contre les méfaits de la civilisation moderne et pour le discernement des nouvelles valeurs dans la civilisation moderne est un aspect d’évangélisation important, urgent et prioritaire. La corruption au sein des gouvernements en Océanie Le changement de style de vie conditionné par la technologie moderne ne tient pas souvent compte des valeurs humaines que la tradition a maintenu jusqu’à ce jour. Les gouvernements des pays d’Océanie ont adopté le système démocratique de gouvernement à partir de leur indépendance. Quand elle est fondé sur la dignité humaine et le bien commun de la société, la démocratie devient un système ou les droits et obligations des citoyens sont protégés. Cependant, le système démocratique n’a pas toujours été respecté. Les intérêts personnel de quelques individus dans l’état sont parfois plus grandes que ceux du peuple. La démocratie a été souvent dévié de la vérité et de la justice qu’elle doit défendre et promouvoir dans une société démocratique. Dans nos sociétés modernes, comme en Océanie, c’est « la raison du plus fort qui est toujours la meilleure ». Presque dans tous les pays de l’Océanie on a parlé de corruption au sein des différents gouvernements. Les peuples des pays de l’Océanie sont chrétiens. Ce sont des chrétiens qui gouvernent les nations de l’Océanie; mais devant la politique et l’économie mondiales, les gouvernements locaux sont obligés d’imposer des structures et des lois selon les conditions économiques extérieures et exigences des pays donateurs sans tenir vraiment compte des besoins des peuples d’Océanie. La justice est une obligation qui revient à chèque personne; car elle est fondé sur le droit de la personne d’être respecté dans sa dignité et dans tout ce qu’il lui revient de droit. Le respect des Océaniens à l’égard de ce ceux qui les gouvernent dans l’état et dans l’Eglise exprime leur loyauté et soumission. Les dirigeants sont considérés comme des chefs. Néanmoins, ceux qui sont en autorité ont souvent été hypocrites à l’égard de ce respect. Ils ont abusé de la confiance de leur peuple. Les dirigeants nationaux des îles de l’Océanie dépendent beaucoup de l’aide extérieure pour maintenir les services gouvernementaux et réaliser les projets de développements dans leurs pays. L’Eglise en Océanie exige que les dirigeants soient crédibles des finances mises a leur disposition pour servir la nation. Il est aussi important de la part des pays donateurs de bien analyser les projets présentés et de les accorder ou de les refuser seulement après une consultation quelconque auprès des personnes pour qui ces projets sont destinés. L’évangélisation et le développement L’évangélisation en Océanie a été étroitement lié au développement sociale. Aujourd’hui sur l’île Tanna au Sud de Vanuatu, l’évangélisation consiste à des constructions des routes, des conduites d’eau, des dispensaires et des écoles. Les congrégations religieuses qui ont oeuvré avec nous depuis le début de l’évangélisation ont contribué énormément au développement des pays de l’Océanie. Le développement a précédé l’évangélisation et reste un moyen important d’évangélisation. L’établissement des écoles demeure le moyen d’évangélisation par excellence. L’éducation humaine, sociale et religieuse donnée dans les écoles catholiques est une contribution indispensable pour l’éveil des vocations et la pratique des valeurs chrétiennes dans la vie familiale et professionnelle de nombreux catholiques et autres qui ont été instruits dans ces écoles. Aujourd’hui l’attention est portée sur les moyens de communications sociales pour transmettre les valeurs chrétiennes et promouvoir l’évangile du Christ. Sans minimiser l’efficacité des moyens de communications modernes, les évêques d’Océanie constatent que les moyens des communications ne peuvent pas compenser l’évangélisation effectuée dans les écoles catholiques. Les médias peuvent plutôt la rendre plus efficace. Les commissions de Justice et développement Les aides financières pour le développement viennent surtout des agents catholiques d’aide de Nouvelle Zélande, d’Australie et d’ailleurs. Les agents d’aide pour le développement ont des critères et des conditions qu’il faut respecter pour présenter et demander une aide quelconque. Nous constatons avec regret que les critères exigés par les agents catholiques d’aide sont les mêmes critères que les autres agents d’aide extérieurs. Nous sommes tous d’accord sur le principe exigeant qu’un projet de développement soit destiné à une communauté; mais ces projets de développements doivent répondre aux vrais besoins des communautés tout en respectant la foi et la culture des peuples d’Océanie. Conclusion Le synode spéciale des évêques d’Océanie se situe dans la continuité de l’enseignement de l’Eglise présenté par le concile Vatican II. Le ministère pastorale confié aux évêques d’Océanie est une charge importante et indispensable. Veiller à l’unité de l’Eglise et promouvoir la participation de tous les fidèles, chacun et chacune selon sa condition de vie, est l’essentiel de la mission de l’Eglise. Cette mission exprime la nature même de l’Eglise. Quelque soit le charisme des communautés de vie consacré, c’est l’Eglise que nous sommes appelés à servir. L’Eglise en Océanie est devenue ce qu’elle est aujourd’hui grâce au dévouement et aux sacrifices des congrégations religieuses qui ont exercé leur charisme pour implanter l’Eglise. La communion en Eglise exprime aussi l’unité de l’Eglise dans la diversité des charismes. C’est le témoignage des missionnaires qui est à la base de l’émerveillement des peuples de l’Océanie est de tout ce que l’Eglise représente pour eux Le témoignage et le charisme de chaque communauté de vie consacrée est indispensable dans la vie de l’Eglise en Océanie. Les peuples d’Océanie sont appelés à vivre la sainteté de l’Eglise dans toute sa splendeur et dans toute son intégrité dans la diversité de leur culture. C’est pourquoi le témoignage de la vie consacrée accompagnera toujours l’Eglise surtout dans sa marche vers l’an 2000. |