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Mgr Hippolyte
Simon Mgr Hippolyte Simon est archevêque de Clermont. Il est l’auteur
de plusieurs ouvrages dont «Vers une France païenne ?» et «La liberté
ou les idoles». La question qu'il m'a été demandé d'aborder ici, en
quelques pages, est sans doute l'une des plus difficiles de la réflexion
chrétienne. Car elle met en jeu beaucoup de représentations explicites
et implicites de ce que peut être pour nous le Royaume. Et chacun sait
qu'il n'y a rien de plus difficile à analyser que les représentations
que nous pouvons nous faire des «réalités invisibles». Comment éviter,
en effet, de projeter dans ce Royaume, déjà là et pourtant encore à
venir, toute la charge de notre imaginaire conscient et/ou inconscient
? Comment éviter aussi de peindre le Royaume à venir aux couleurs du
« paradis » dont nous parlent aussi bien les grandes mythologies païennes
que les contes et fabliaux qui ont pu enchanter notre enfance ? Enfin, comment intégrer dans notre réflexion les différents
modes selon lesquels Jésus de Nazareth parle du Royaume qu'il annonce
? Tantôt, il en parle à l'indicatif présent : « Mais si c'est par l'Esprit
de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu
est arrivé jusqu'à vous». Tantôt au futur : «Et il leur dit une parabole
: Voyez le figuier et les autres arbres. Dès qu'ils bourgeonnent, vous
comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l'été est proche.
Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume
de Dieu est proche». Et très souvent aussi, lorsqu'il s'agit de préciser
en quoi consiste ce Royaume, Jésus recourt au langage des paraboles,
par exemple, celle-ci : «Et il disait : Comment allons-nous comparer
le Royaume de Dieu ? Ou par quelle parabole allons-nous le figurer ?
C'est comme un grain de sénevé qui, lorsqu'on le sème sur la terre,
est la plus petite de toutes les graines qui sont sur la terre ; mais
une fois semé, il monte et devient la plus grande de toutes les plantes
potagères, et il pousse de grandes branches, au point que les oiseaux
du ciel peuvent s'abriter sous son ombre». Au carrefour de ces remarques, il nous faut donc tenir
ensemble ces trois «affirmations» : - le Royaume est déjà là, parmi nous - mais, en même temps, il est encore à venir - et il ne se laisse pas enfermer dans une description
univoque. Il échappe à toute détermination trop précise. Ce qui peut nous conduire, un peu à la manière du livre
des proverbes, à ajouter une quatrième affirmation à ces trois premières
: ce Royaume est intimement lié à la personne même de celui qui l’annonce,
Jésus de Nazareth. Avec
ces quatre points de repère, ou, si l'on préfère, avec cette rose des
vents, nous pouvons essayer de préciser quelques-unes des grandes attitudes
qui peuvent être attendues de nous, à la fois comme communauté de croyants
et comme personnes librement engagées à la suite du Christ. Révolution,
Utopie, Royaume
Pour les uns, la construction de la Communauté Européenne
avait valeur d'exorcisme, puisqu’elle était basée sur la réconciliation
entre les ennemis héréditaires, l'Allemagne et la France, et qu'elle
ouvrait la perspective d'une coopération inédite entre tous les peuples
d'Europe occidentale. La marche en avant du Progrès, chère à la philosophie
politique des Lumières, semblait pouvoir reprendre son cours, par-delà
l'inconcevable régression du nazisme et malgré la menace que faisait
peser la guerre froide avec l'Union soviétique. Pour d'autres, lecteurs plus ou moins rigoureux de Marx,
et surtout de Lénine, la perspective de la Révolution alimentait les
plus grands espoirs. À la fin de la guerre d'Algérie, au moment où la
génération du «baby-boom» est arrivée à
l'université, la France, comme bien d'autres pays, a été submergée
par un enthousiasme, quasi délirant, pour un engagement «révolutionnaire».
En 1968, et dans les années qui ont suivi, toute une partie de la jeunesse
française s'est enflammée pour Lénine, Trotski, Mao, Che
Guevara, etc. Quoi qu'il en soit des débats et même des divisions
internes à tout ce courant idéologique, il reste que tous ses adhérents
avaient en commun la conviction, ou au moins l'espoir, d'une révolution
imminente qui allait arrêter pour de bon l'expansion du Capitalisme.
Il est clair que les résultats de ces engagements militants n'ont pas
été les mêmes dans les divers pays du monde. Ce qui s'est passé à Prague
en 1968 a bien peu à voir avec ce qui s'est passé à Paris. Mais, avec
le recul du temps, il est permis de s'interroger sur ce que pouvait
signifier cette perspective de la Révolution. Pour ma part, j'ai toujours été étonné que les étudiants,
au milieu desquels je me trouvais pendant ces années-là, aient essayé
de penser l'avenir du Prolétariat dans les catégories de la Révolution.
En effet, celle-ci est, selon l'avis même de Karl Marx, la marque distinctive
de... la bourgeoisie ! «La bourgeoisie, nous le voyons, est elle-même
le produit d’un long développement, d’une série de révolutions dans
les modes de production et de communication… La bourgeoisie a joué dans
l’histoire un rôle essentiellement révolutionnaire…La bourgeoisie n’existe
qu’à la condition de révolutionner sans cesse les instruments de travail,
ce qui veut dire le mode de production, ce qui veut dire tous les rapports
sociaux... ». Pour le dire autrement, si c'est la Bourgeoisie qui
fait la Révolution, comment éviter le piège de la récupération bourgeoise
ou capitaliste ? L'histoire a largement illustré la difficulté de sortir
de cette contradiction. Et puis surtout, dans la perspective qui nous
intéresse ici, comment ne pas voir que la Révolution s'inscrit, en fin
de compte, dans la même logique que la philosophie politique qu’elle
combat ? Et cette philosophie politique revient à affirmer le primat
du collectif sur le singulier. En d'autres termes, elle revient à considérer
que la survie des institutions vaut plus que le salut des personnes. En ce sens, il convient de relire ce qu’écrit le jeune
Marx, en 1844 : «Il est certes facile de dire à l’individu isolé ce
qu’Aristote dit déjà : tu es engendré par ton père et ta mère, c’est
donc l’accouplement de deux êtres humains, c’est donc un acte générique
des hommes qui a produit en toi l’homme. Tu vois donc que même physiquement
l’homme doit sa vie à l’homme. Tu ne dois donc par conséquent pas garder
la vue fixée sur un aspect seulement, sur la progression à l’infini
à propos de laquelle tu continues à poser des questions : qui a engendré
mon père, qui a engendré son grand-père ?... etc. Tu dois aussi garder
la vue fixée sur le mouvement cyclique qui est concrètement visible
dans cette progression et qui fait que l’homme dans la procréation se
répète lui-même, donc que l’homme reste toujours sujet». En réalité, Marx, comme bien d’autres auteurs, ne fait
que se livrer à un tour de passe-passe théorique. Car il joue sur les
mots. En affirmant que l'homme reste toujours « sujet » de l'histoire,
il remplace tout simplement l'homme singulier - celui qui affronte la
mort - par l'homme générique. Mais escamoter la question de la mort
individuelle ne suffit pas à répondre aux questions de l'être humain
singulier, celui qui affronte l'angoisse et la solitude. Même s'il peut
être consolant de se dire qu'après nous l'histoire continuera, il n'en
reste pas moins «qu'un seul être nous manque et tout est dépeuplé»,
selon le mot, bien plus juste ici, du poète. On le voit, la Révolution nous renvoie à l'utopie politique
d'une humanité parvenant enfin, au terme d'une histoire convulsive,
à une société ultimement pacifiée et réconciliée avec elle-même. En
dernière analyse, la perspective révolutionnaire ne fait que reprendre,
implicitement, la vision du progrès indéfini de l'humanité historique,
telle que Hegel a pu la déployer. Et celle-ci culmine dans une sorte
«d’absolutisation», qu’il est permis de juger idolâtrique, de l’État
: «En tant que réalité effective de la volonté substantielle, réalité
qu’il possède dans la conscience de soi particulière élevée à son universalité,
l’État est le rationnel en soi et pour soi. Cette unité substantielle
est but en soi, absolu et immobile, dans lequel la liberté atteint son
droit le plus élevé, de même que ce but final possède le droit le plus
élevé à l’égard des individus dont le devoir suprême est d’être membres
de l’État». Mais qu'il s'agisse de l'utopie politique, de la perspective
révolutionnaire ou de l'idéologie du progrès indéfini de l'humanité,
dans tous les cas, il reste que l'individu ne trouve son accomplissement
que dans la survie de l'espèce. Il est le maillon d'une chaîne. Son
existence n'a de sens que pour autant qu'elle contribue au développement
de l'Humanité. Une telle vision de l'histoire humaine, à la fois grandiose
et désabusée, ne suffit cependant pas à répondre à toutes les questions
du sujet singulier. Suffit-il d'accéder à cette vision lointaine d'une
Humanité réconciliée pour se réconcilier avec soi-même et avec le monde
où nous vivons ? Une telle vision suffit-elle à «justifier» tous les
drames et toutes les souffrances que nous pouvons rencontrer et traverser
? Qui a les promesses
de la vie éternelle ? Sur ce point, la perspective chrétienne est en complet
désaccord avec la perspective «générique» ou collectiviste. Ce n'est
pas le genre humain qui est promis à un développement indéfini sur notre
planète, ou dans notre univers. Ce ne sont pas, non plus, les institutions
humaines qui ont vocation à survivre indéfiniment au prix du sacrifice
de toutes les générations en vue d'assurer le bonheur d'hypothétiques
survivants. Dans la perspective chrétienne, se sont les personnes singulières
qui ont reçu les promesses de la Résurrection : «Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui
qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; car je suis descendu
du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui
m'a envoyé. Or c'est la volonté de celui qui m'a envoyé que je ne perde
rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier
jour. Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils
et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier
jour». Il est inutile de développer ici ces affirmations. Tous
les lecteurs de Spiritus
ont depuis longtemps déjà médité sur les perspectives ouvertes par l'espérance
juive et par la prédication de Jésus de Nazareth. Il n'est pas nécessaire
non plus de développer longuement ici le thème de la communion des saints,
tel que nous le méditons et que nous pouvons déjà l’expérimenter dans
la prière de l'Église. Il suffit de noter comment la perspective de
la primauté des personnes sur la prolongation indéfinie de l'espèce
et sur la pérennité des institutions politiques et sociales nous empêche
de penser le Royaume à venir comme devant se situer « au bout » de
l'histoire et dans son horizon. Le Royaume n’est pas une utopie qui
ne concernerait que les générations à venir, celles qui pourront, éventuellement,
bénéficier du progrès de la Science et de la Culture. Il concerne tout
être qui s’ouvre à la proximité, déjà donnée, du Christ Sauveur. Le Royaume, «déjà là et encore à venir», celui où le
Christ nous promet de nous accueillir, n'est pas du même ordre que l'histoire.
Il ne fait donc pas nombre avec celle-ci. Pas plus que l'air ne fait
concurrence à la lumière, le Royaume n’entre en
«concurrence» avec l’histoire humaine, même s’il ne se rencontre
pas en dehors d’elle. Parce qu’il est d'un autre ordre que l'histoire,
il n'est pas à penser comme devant être le terme, l'apothéose, l'aboutissement
ou le couronnement de celle-ci. L'histoire humaine se développe selon
sa logique, ou sa dialectique, comme on voudra. On peut essayer d'en
connaître les lois. Il n'est pas interdit d'y apercevoir comme un progrès,
malgré de terribles régressions. Mais le Royaume est relativement indépendant
du déploiement historique. Car si le ciel et la Terre doivent passer,
l'histoire, elle aussi, est provisoire et promise à disparition. Mais,
en même temps qu’elle agit dans l’histoire, chaque personne humaine
est acteur d'une autre histoire, d'une «histoire sainte», qui est déjà
à l’œuvre en ces temps qui sont les nôtres, mais dont les tenants et
les aboutissants ne seront révélés qu'à la fin des temps, lorsque «
le Fils de l'homme viendra dans sa gloire ». Car c’est à Jésus lui-même
qu’il revient de dévoiler la portée des gestes et
des paroles qui auront fait la trame de l‘histoire humaine.
Chacun connaît la parabole du Jugement dernier. Mais sa signification
est aussi attestée ailleurs par Jésus : «Que sert donc à l'homme de
gagner le monde entier, s'il se perd ou se ruine lui- même ? Car celui
qui aura rougi de moi et de mes paroles, de celui-là le Fils de l'homme
rougira, lorsqu'il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des
saints anges». Tout
ce que vous aurez fait à l’un de ces petits…
Il ne s’agit donc pas seulement de décrypter la signification
politique des évènements. Il s’agit bien plutôt de savoir reconnaître
ce que deviennent les personnes qui vivent ces évènements. Ces deux
lectures d’un même moment historique ne s’excluent pas l’une l’autre.
Mais il nous faut bien avouer que nous avons tous tendance à privilégier
la première sur la seconde. Et les commentaires des médias nous y encouragent
quotidiennement. Il nous paraît tout naturel que les personnes s’effacent
devant leurs actions. Il nous paraît tout aussi naturel que les personnes
quittent la scène publique et achèvent leur vie, au terme de leur existence,
pourvu que les institutions et la société dans son ensemble continuent
leur marche en avant. La mort des individus nous paraît aller de soi,
alors que le devenir de la société fait l’objet de toutes les spéculations.
Jésus de Nazareth nous invite précisément à modifier ici notre façon
de voir et nos critères de jugement. Pour autant, il ne faut pas considérer que les deux
points de vue concernent deux histoires sans aucun lien entre elles.
C’est en participant à l’histoire du monde visible que chacun de nous
travaille à la croissance du Royaume. Ce sont les mêmes actes, les mêmes
décisions, les mêmes engagements qui prennent sens et valeur dans l’une
et l’autre réalité, au risque de recevoir des valeurs différentes selon
les critères du Monde ou ceux du Royaume. Quelques exemples seront ici
plus éclairants qu’une analyse abstraite. Le célèbre verre d’eau dont
il est question dans la parabole du Jugement dernier le montre bien
: ce geste de compassion fait partie de l’histoire ordinaire du monde,
mais il est aussi salutaire pour celui qui le donne. C’est le même acte
qui vaut pour la vitalité de la société et pour le Royaume. Inversement,
le refus du jeune homme riche, qui peut ainsi continuer d’être un notable
influent dans la société de son temps, semble, - au moins provisoirement
- le mettre en porte à faux avec le Royaume. On le voit, c’est à la
manière dont nous accueillons ou non la relation d’alliance ou d’amitié
que le Christ veut nouer avec nous, par la médiation de ceux au milieu
desquels nous vivons, que nous pouvons entrer ou non dans le Royaume
instauré par Jésus. C’est donc en participant, selon notre vocation et selon
notre responsabilité, à la marche ordinaire du monde que nous accueillons,
ou non, le Maître de nos vies. Toutes les paraboles qui font appel à
la mise en œuvre de nos capacités, comme la parabole dite des Talents
ou celles des serviteurs fidèles, nous disent en même temps que nul
ne travaille «à son compte». Puisque nous ne sommes que des intendants,
nous devons être attentifs, d’un même mouvement, - à développer les « talents » que Dieu nous a confiés. Ne pas le faire serait un geste de défiance envers
notre Créateur, - à veiller sur les frères et sœurs au milieu desquels
Dieu nous appelle à servir. Se dérober à ce service, ou se prévaloir
de cette responsabilité pour exercer un pouvoir despotique seraient
identiquement une trahison de la mission reçue, - à attendre activement le retour de notre Maître. Car
c’est cette attente qui permet de situer de façon saine et juste les
engagements concrets qu’il nous faut assumer dans la société où nous
vivons. C’est précisément cette ouverture permanente à un Autre que
nous-mêmes qui nous garde de toute idolâtrie comme de tout découragement. Récemment, les congrégations religieuses françaises
viennent de faire mémoire des années 1900-2000. Ce qui a été vécu comme
une réelle persécution, et qui en était une, au moment de la dispersion
imposée aux communautés, à partir de 1901, peut se révéler « providentiel
» aujourd’hui, au vu du développement des communautés parties en exil.
Inversement, tel «succès» immédiat remporté par l’Église, au long de
son histoire, peut nous conduire aujourd’hui à faire acte de repentance
comme a su nous y inviter le Pape Jean-Paul II.
Il convient donc de toujours rester modeste lorsqu’il
s’agit d’établir des «bilans». Jésus lui-même nous a invités à un sage
discernement dans ces domaines. « Les Pharisiens lui ayant demandé quand
viendrait le Royaume de Dieu, Jésus leur répondit : La venue du Royaume
de Dieu ne se laisse pas observer, et l'on ne dira pas : Voici: il est
ici ! ou bien : il est là ! Car voici que le Royaume de Dieu est
au milieu de vous». Et puis surtout, il faut toujours se souvenir que la
vraie question n’est pas de savoir si telle ou telle communauté, tel
ou tel pays, telle ou telle Église locale ont
remporté des succès. Il s’agit de savoir si les personnes qui constituent
ces communautés, ces pays et ces Églises ont pu accueillir la Parole
et se laisser travailler par elle à la manière d’un ferment de Sainteté.
Et la sainteté des personnes n’est pas directement corrélative au développement
des sociétés humaines. Ce qui ne signifie nullement, non plus, qu’elle
soit proportionnelle à la misère de celles-ci ! Il nous faut donc «travailler
à ceci sans omettre cela». C'est-à-dire que l’Église, en même temps
qu’elle doit travailler au développement intégral des personnes et des
peuples, doit aussi rappeler à chaque personne et à chaque peuple la
proximité du Royaume. Ce
n’est pas se dérober à la nécessité de conclure, bien au contraire,
que de dire en terminant cet essai de discernement : Seigneur, donne-nous
des yeux pour voir et des oreilles pour entendre ! Fais de nous des
scribes avisés, car « tout scribe devenu disciple du Royaume des Cieux
est semblable à un propriétaire qui tire de son trésor du neuf et du
vieux». Réf. : Texte de l’auteur. Pour SEDOS, Avril 2004.
Archevêque de Clermont 23, rue Pascal 63000 Clermont-Ferrand |