Pierre Lefebvre
L'Autre dans la tradition missionnaire récente


Pierre Lefebvre, missionnaire de Scheut (cicm) a vécu de nombreuses années en Afrique centrale, basé à Kinshasa et à Brazzaville. Il a été principalement engage dans la formation permanente des agents d'évangélisation. Il a travaillé aux Éditions L'Épiphanie de Limete-Kinshasa. Il y a publié plusieurs titres pour l'animation spirituelle et pastorale. Depuis 1999 il est rentré en Belgique où il reside à Namur.

Qui suis-je pour toutes ces personnes ? Cette question a causé du souci à beaucoup de missionnaires expatriés aux xlxe et xxe siècles. D'autant plus qu'elle était liée à une autre, elle-même assez confuse : "Que sont-elles pour moi ?". Les réponses étaient incertaines, fortement marquées par le contexte colonial dans lequel se mouvaient les missionnaires. Peut-être est-il utile de ciarifier leur être-aux-autres et de saisir comment s'est opéré un changement à l'époque postcoloniale.

Le contexte colonial

L'expansion coloniale européenne présente à l'observateur attentif de multiples facettes dont plusieurs ont fortement marqué les missionnaires. On trouve chez les acteurs de la colonisation une bonne dose de patriotisme sentimental désireux d'assurer le prestige de la patrie en répandant partout son drapeau, sa langue, son génie, sa civilisation. Ce patriotisme inclut l'affirmation de la supériorité européenne. Il explique en partie leur incapacité de rencontrer les autres peuples autrement que d'en haut pour les dominer, ou, le cas échéant, les élever à un style de vie plus conforme au rriodèle métropolitain, jugé le seul vraiment digne d'êtres humains.

Les ambitions économiques exercent une grande influence, les colonies étant des sources de matières premières et des débouchés pour les produits d'une industrie en pleine expansion. L'esprit d'entreprise et l'audacieuse créativité de l'homme blanc engendrent chez lui une assurance et une confiance en soi facilement arrogantes.

La rivalité qui existait entre les États colonisateurs explique pourquoi les populations locales ont pu être reléguées en marge de l'entreprise. La hantise d'avoir des colonies conduit des nations qui prétendent étouffer dans leurs frontières à rivaliser de ruse pour devancer les autres partout où des "terres vierges" s'ouvrent à elles. On ne se contente plus, comme jadis, d'occuper des postes sur les côtes en vue du commerce. On accapare toutes les terres, dans toutes les directions. On veut conquérir et occuper des territoires inconnus avant que des rivaux ne s'y installent. Le projet colonial est un projet de l'homme blanc qui pense à ses intérêts. Les indigènes sont le décor dans lequel il joue sa pièce.

L'ampleur de l'entreprise et son caractère pionnier, fortement aventurier, ont fait naître une "mystique coloniale" qui tentait de la justifier face au scepticisme de beaucoup. Un manteau de dignité devait recouvrir l'opératión : les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures, clamait-on devant les opposants. On élabora une théorie du droit des nations européennes à exercer leur souveraineté sur des peuplades incapables de progresser. Supériorité de la race, honneur national, mission civilisatrice paraient de vertu la recherche des matières premières et des débouchés nécessaires à l'industrie européenne et rendaient respectables les démonstrations de puissance dans une aventure exaltante vécue loin des contrôles sociaux traditionnels.

Les scandales causés par des aventuriers sans scrupules expliquent en partie que l'opinion publique resta longtemps assez réticente. "N'essayons pas — disait Clemenceau en 1882 — de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation". Mais l'opinion chrétienne finit par se mobiliser en faveur des populations dont la détresse était dénoncée par quelques prophètes. On ne pouvait rester indifférent à tant de souffrances et à la criante nécessité de changer les conditions de vie des peuples colonisés. On allait entreprendre une croisade de grande envergure pour donner à l'expansion coloniale tellement ambiguë une dimension spirituelle d'amour du prochain. Les Instituts missionnaires se multiplièrent et, en párticulier, de nombreuses congrégations religieuses féminines naquirent, tant il était évident pour les croyants que les colonies ne pouvaient se passer d'un service chrétien d'aide caritative et d'évangélisation désintéressée.

Une évidente connivence

Beaucoup d'États avaient reconnu l'importance des missions religieuses pour la réussite de leur entreprise coloniale. Parsemer le pays de "bases d'opération" occupées par les missionnaires faisait partie des perspectives de certains gouvernements. On aimait dire que "l'œuvre des missions n'est pas seulement l'œuvre de Dieu, elle est aussi une ceuvre accomplie dans l'intérêt de la nation". Des missionnaires exprimaient des opinions semblables. Quelques-uns se vantaient d'être la "face spirituelle de la médaille impériale". Les activités scolaires et médicales les assimilaient d'ailleurs aux autorités civiles, comme leurs habitudes d'hygiène et d'alimentation et leur habitat faisaient d'eux des "blancs", étrangers au monde indigène. La sympathie des missionnaires allait spontanément au pouvoir exercé par des compatriotes et à l'ordre qui erì résultait dont ils profitaient pour le développement de leurs œuvres. Les Anglais, les Français, les Belges, c'était la tranquillité, un ensemble de solides réalisations dont on jouissait dans l'immédiat. Les hommes d'Église sont assez spontanément pour l'ordre établi.

Certains missionnaires prónent avec chaleur une cordiale collaboration entre tous ceux qui sont attelés à une même tâche. "On dira peut-être que nous sommes ici du droit de la force c'est une erreur. Nous dominons du droit d'une civilisation meilleure et plus haute. C'est une des lois les mieux vérifiées de l'histoire que toute civilisation qui veut se tenir en dehors de la civilisation chrétienne doit être absorbée un jour ou l'autre par celle-ci. Pendant trois siècles, les missionnaires ont apporté à l'Extrême-Orient les bienfaits du Christianisme. Si ces peuples, très intelligents d'ailleurs, eussent accepté la bonne nouvelle, ils seraient entrés dans la grande famille des peuples chrétiens et eussent mérité ainsi de garder leur nationalité.… Nous n'occupons encore qu'un point à l'extrémité de l'Indo-Chine, mais nous sommes la civilisation chrétienne et française, et, si nous comprenons ce qu'il y a dans ce mot, de Saigon nous ferons rayonner au loin notre influence, notre civilisation, notre foi."1

Dans cette problématique, la doctrine officielle de l'Église est pragmatique. D'une part, l'action de la papauté vise à affirmer le caractère spirituel des missions et à les soumettre exclusivement au gouvernement du Saint-Siège. La forte centralisation romaine s'explique par cette nécessité historique. Mais en même temps, Rome cherche et accepte l'appui des puissances occidentales, souhaitant que les missions catholiques, partout où c'est possible, se développent avec la faveur des gouvernements occidentaux. Que règne un esprit de mutuelle confiance entre les deux principaux agents de civilisation que sont les pouvoirs publics et les missions est fidéal rappelé par maints discours ecclésiastiques. Sur le terrain, sans doute, il y eut souvent de graves tensions et les missionnaires: durent plus d'une fois d'opposer aux colons et aux autorités. Mais l'idéal était à leur yeux úne bonne collaboration de tous au bénéfice des indigènes.

Objectivement, l'Église est du côté des colonisateurs, son action est parallèle à la leur. Dans l'ensemble de "l'œuvre civilisatrice" entreprise par l'Occident, l'Église se sait respont sable de la promotion spirituelle des peuples et leur protectrice contre les éventuels abus. Si dans le domaine religieux elle se prétend indépendante, elle accepte cependant volontiers l'appui du pouvoir politique.

Quel regard sur les autres ?

Ce contexte explique le regard que souvent les missionnaires portent sur leurs ouailles et la manière dont ils se perçoivent eux-mêmes. Il suffira d'évoquer un aspect de la littérature missionnaire à cette époque. Ce n'est pas le seul, mais il est significatif.

Participant à l'euphorie des conquérants engagés dans une œuvre gigantesque de civilisation, les missionnaires risquaient d'adopter un même point de vue en face de "la masse avilie des paiens". Le père J. B. Aubry confesse : "Si on ne se retenait, on tomberait dans la plus noire misanthropie. Oh ! que le péché originel a donc fait la nature humaine vile et misérable, surtout en Chine".2 Un gros ouvrage du père L. Kervyn, publié à Hongkong, explique comment "la nature chinoise se manifeste par une singulière pauvreté de ressources, en fait de vertus et de qualités naturelles".3 Il affirme que les prêtres "indigènes" doivent avoir "au moins l'humilité ou le bon esprit d'accomplir strictement et convenablement le petit ministère qui leur revient, loin d'envier les privilèges de leurs supérieurs immédiats et d'empiéter sur leurs droits ou de se dérober tout au moins à leur direction".

Chateaubriand, dans Le Génie du Christianisme, donne une image bien romantique des pionniers de la foi : "Les missionnaires tournèrent les yeux vers les régions où les âmes languissaient encore dans les ténèbres de l'idolâtrie. Its furent touchés de compassion en voyant cette dégradation de l'homme ; ils se sentirent pressés du désir de verser leur sang pour le salut de ces étrangers. Il fallait percer des forêts profondes, franchir des rochers inaccessibles ; il fallait affronter des nations cruelles, superstitieuses et jalouses ; il fallait surmonter dans les unes l'ignorance de lá barbarie, dans les autres les préjugés de la civilisation : tant d'obstacles ne purent les arrêter... Tout cela pour donner un bonheur éternel à un Sauvage inconnu".4

Pour encourager les vocations missionnaires, une littérature d'édification se développe. "Brisant toute attache terrestre, mettant l'océan entre lui et ses affections de famille, l'apótre veut s'offrir à Dieu dans l'entièreté d'un sacrifice héroïque et ainsi assurer son salut éternel. La vue des milliers d'âmes à sauver le remplit d'une immense pitié et de la passion d'arracher ces âmes à l'enfer et à Satan... Dépassant encore ces aspirations déjà surhumaines, les âmes pétries d'héroïsme absolu ont rêvé le martyre...".5

Les missionnaires sauvent des âmes, instruisent des ignorants et nourrissent des affamés. Leur mission est pensée comme une oeuvre héroïque de bienfaisance qui s'adresse à des populations arriérées. On assiste vraiment au triomphe du point de vue individualiste : puisqu'il s'agit de se dévouer au salut des âmes, plus elles sont abjectes et misérables, plus elles méritent qu'on se sacrifie pour elles. Déprécier les peuples à convertir sert à exalter les messagers du salut.

Le missionnaire a donc dévant lui un Autre qu'il définit par sa pauvreté dans tous les domaines. C'est alors sa propre généreuse charité qui assistera ces pauvres incapables de répondre par eux-mêmes à leurs besoins. Car l'autre est aussi défini comme non-civilise, primitif. Le missionnaire vient pour le civiliser. L'autre est un damné que le missionnaire sauve, un ignorant qu'il instruit. L'Église missionnaire, comme institution, activités, mouvements et organisations, dispose d'agents nombreux et efficaces dont la mentalité et le dynamisme sont orientés vers l'assistance caritative. Elle aime et promeut de mille façons des foules de "grands enfants". Beaucoup de missionnaires ont cependant fait un remarquable travail pour sauver les cultures locales, en particulier en promouvant les langues. Mais leur Église a son "centre" ailleurs, ses références sont des personnes qu'elle estime civilisées : ceux et celles qui ont une certaine richesse, une tradition de travail et d'ordre, une bonne éducation chrétienne, des responsabilités sociales, qui pensent et ont un espace pour donner leurs avis, qui ont un certain, pouvoir. L'Église est "de là-bas" et elle vient vers d'autres, indigènes, pauvres et païens. Elle leur apporte instruction, soins, sacrements, bénédictions et catéchèse. L'Église va vers les pauvres pour les évangéliser. Elle le fait de l'extérieur et d'en haut, en leur faveur. Elle n'est pas l'affaire de la population locale. Pour réaliser son oeuvre de "salut" des autres, elle se développe comme une institution forte, avec temples, résidences et locaux multiples. Elle dispose d'un vaste appareil de paroisses et de diocèses où des responsables ordonnés exercent un monopole de direction et la présidence sous toutes ses formes. Les autres sont des bénéficiaires à mentalité d'assistés, dans leur monde culturel désarticulé.

Une experience spirituelle décisive

Que s'est-il passé pour que soit change ce regard que beaucoup jetaient sur des personnes par ailleurs aimées et servies avec dévouement ? Les luttes pour l'indépendance, le marasme dans lequel se sont débattues les nouvelles républiques, les difficiles tentatives de développement, la découverte qu'un néo-colonialisme oppresseur remplaçait l'ancien, le travail de conscientisation libératrice dans les petites communautés, tout cela a provoqué une mutation salutaire de la mission. Les missionnaires ont entendu des cris nouveaux... la voix de millions de fils de l'Église qui forment les peuples engagés, avec toute leur énergie, dans l'effort et le combat de dépassement de tout ce qui les condamne â rester en marge de la vie: famines, maladies chroniques, analphabétisme, paupérisme, injustices dans les rapports internationaux et spécialement dans les échanges commerciaux, situations de néo-colonialisme économique et culturel parfois aussi cruel que l'ancien colonialisme politique. L'Église a le devoir d'annoncer la libération de millions dêtres humains, beaucoup d'entre eux étant ses propres enfants ; le devoir d'aider cette libération à naître, de témoigner pour elle, de faire qu'elle soit totale. Cela n'est pas étranger à l'évangélisation".6

On peut sans doute souligner trois éléments principaux dans l'expérience faite par de nombreux missionnaires. Le premier est un sentiment qu'ils partagent de plus en plus avec de nombreux pauvres : une profonde indignation face au racisme, au mépris, au refus de reconnaissance, comme aussi devant l'injustice d'un système international qui désarticule les personnes et les sociétés, devant la misère et la souffrance qu'engendre une mondialisation mal pensée. En même temps, ils s'indignent de voir une minorité accaparer injustement les richesses des peuples. Ces situations blessent des missionnaires qui se sentent touchés avec les pauvres dans leur dignité. Beaucoup font l'expérience de la colère qui monte au coeur des opprimés contre l'injustice érigée en système de relations entre les peuples et l'abîme qui se creuse entre la minorité riche et la majorité pauvre. C'est une expérience très riche que d'être exposé en direct aux injustes souffrances d'un peuple et davoir la grâce de les partager. En même temps, naît une vive conscience que cette souffrance nest pas un accident qui touche des personnes qu'on pourra dénombrer et aider un jour par une action humanitaire ponctuelle. Elle vient d'un système, elle est structurelle, elle découle des décisions politiques et économiques prises par des personnes qui ont décidé que le monde devait être organisé de cette façon. Comprendre la perversité de cette organisation est une expérience traumatisante. Mais la colère liée à la solidarité est vertu et s'avère bienfaisante pour ceux et celles qui aiment les peuples dont ils partagent le sort.

Un deuxième élément accompagne cette indignation : un profond étonnement devant fespèce de miracle qu'est la survie d'hommes et de femmes dénués de tout et devant la solidarité qui peut parfois régner entre eux. Beaucoup de témoins du combat des pauvres sont dans une grande admiration devant leur dignité et une qualité humaine où très évidemment Dieu se manifeste. Les pauvres, en tout cas, savent que Dieu est là, avec eux, qu'ils sont entre ses mains. Il y a chez eux une étonnante résistance aux forces de mort dans laquelle se cache certainement une semence de vie nouvelle. L'admiration et la foi daps le destin historique des opprimés habitent le coeur de beaucoup de missionnaires témoins directs de l'injuste épreuve qui les frappe.

Le troisième élément est la perception de plus en plus généralisée d'une exigence à laquelle il nest plus possible d'échapper. Nul ne peut construire sa vie en ignorant cette réalité du monde actuel. Aucune évangélisation ne peut avoir de sens en dehors de la solidarité avec les peuples qui luttent pour la justice et pour leur dignité. Un sort commun lie les évangélisateurs et les pauvres. L'admiration devant la foi et la dignité des populations cruellement éprouvées amène des missionnaires à considérer les valeurs qui sont vécues par le peuple comme la base dune société nouvelle, l'ébauche du Royaume. Beaucoup perçoivent qu'ils ont besoin des pauvres pour construire avec eux une convivialité nouvelle. Que tous deviennent ensemble les artisans de ce que Église ne possède ni ne cònnaît, mais qu'elle découvrira avec les autres si elle arrive à s'unir à eux dans une même espérance.

La conversion des missionnaires

Des peuples pauvres et opprimés s'éveillent à leur propre libération. Des Églises se renouvellent dans la solidarité avec eux et s'efforcent d'offrir un témoignage nouveau pour un Évangile débarrassé de complexes colonialistes. De plus en plus nombreux, des missionnaires cessent de penser qu'ils doivent gérer des Églises et sauver le monde. Ils s'ouvrent aux exigences d'un engagement plus radical pour le Royaume. De ce fait, les pauvres peuvent s'intégrer dans des communautés qui deviennent leur affaire. Le lieu privilégié de l'évangélisation nest plus la paroisse cléricale, mais plutôt la petite communauté au ras du sol, "à la base", où s'invente la vie en Église et où s'apprend la citoyenneté responsable.

Le Concile Vatican II disait : "Afin de pouvoir presenter à tous le mystère du salut et la vie apportée par Dieu, l'Église doit s'insérer dans tous les groupes humains du même mouvement dont le Christ lui-même, par son incarnation, s'est lie aux conditions sociales et culturelles déterminées des hommes avec lesquels il a vécu" (Ad Gentes, n. 10). Une démarche d'incarnation est diamétralement opposée à la démarche d'évangélisation colonisatrice. Dieu est déjà dans le peuple, dans ses experiences personnelles et collectives. Il est un "Dieu-avec-nous" qui souffre avec toutes les victimes du désordre mondial. L'évangélisateur vient accompagner l'action libératrice de Dieu dans le peuple. La libération ne vient pas d'en haut, à travers les classes dirigeantes, comme le salut ne vient pas à travers une Église qui sait tout et apporte au monde ce qui lui manquerait. Le salut s'opère dans la vie et l'histoire des pauvres, à l'intérieur du peuple. Le missionnaire et le peuple dans lequel il s'est intégré vivent ensemble un même processus de libération pour une vie nouvelle. Il ne s'agit pas de conquérir, de se reproduire et de se répandre partout pour sauver. La mission est insertion dans la vie d'une population, marche avéc elle, en dialogue et solidarité.

Nous avons expérimenté maintenant que le rôle des missionnaires n'est pas de convertir les peuples à ce qu'ils prétendent leur apporter "pour leur bien", mais de se convertir avec eux, pour être ensemble convertis à la création nouvelle. Il n'y a plus "nous" et "eux", la barrière a disparu dans l'interdépendance et une espérañce commune.

L'autre est celui qui me manque pour que je sois moi. Il m'achève et me guérit de ma finitude. L'autre est celui qui me fait communier à Dieu lorsque avec lui je m'efforce de rencontrer le projet du Père. Il m'est envoyé autant que je lui suis envoyé. La mission c'est d'habiter chez lui pour accomplir avec lui un mandat divin qui nous fait partenaires différents mais égaux dans une œuvre commune.

Notes:

1. L.E. Louvet, La Cochinchine religieuse, tome 1, Paris, 1855, pp. 3-4.
2. A. Aubry, Jean-Baptiste Aubry, le professeur, le théologien, le missionnaire, Lille, 1888, p. 325.

3. L. Kervyn, Méthode de l'Apostolat moderne en Chine, Hongkong, 1911, p. 581. Aussi pp. 589-590.
4. Le génie du Chrisiianisme,1.4, c. 1, Ed. des CEuvres complètes de Chateaubriand, t. 2, Paris, pp. 471-472.
5. Ch. Louwers, Missionnaire, l'idéal, verrtus, qualités, modèles, Liège, 1935, pp. 17-18.

Réf.: Spiritus (Expérience et recherches missionnaires), n. 168, septembre 2002.