Porfirio Méndez García
Après 500 ans, demander pardon ?


Porfirio Méndez García est un prêtre mexicain ; il a étudié la missiologie à Sáo Paulo et travaille dans la pastorale. Il analyse les erreurs et les réussites dans les rapports entre les missionnaires et les peuples indigènes et donne quelques clés pour orienter la mission aujourd’hui.

En 1992, 500 ans après la conquête ou l’invasion de l’Amérique, l’Église latino-américaine a demandé pardon avec grande timidité, pour les erreurs commises durant cinq siècles ; et en l’an 2000 à l’occasion de l’année jubilaire1, le Saint-Père dans la "Journée du pardon" a fait allusion aux massacres commis par les catholiques pendant les deux millénaires. De même, l’épiscopat du Mexique, en cette année, s’est uni à la demande de pardon2.

La demande de pardon pour les péchés est une action propre aux disciples du Christ. Le Seigneur en a fait une fête dans l’Évangile (cf. Lc 15, 11-32). Mais comment demander pardon aux indigènes, quand les conséquences des erreurs du passé sont encore présentes ? Ce sera chose possible, si l’Église entreprend des actions concrètes, prenant en compte le passé et le présent, des actions qui aident ce peuple à sortir du bourbier.

Conquête et évangélisation

Il faut se rappeler que, en Amérique, il y a eu un lien très étroit entre la conquête et l’introduction du christianisme ; cela a fortement marqué l’évangélisation des communautés indigènes.

De fait, la conversion de l’Amérique au christianisme faisait partie de l’entreprise de conquête. Les premiers missionnaires qui sont arrivés au Mexique ont dit aux indigènes que la Couronne espagnole avait informé le Saint-Père de la découverte de leurs terres, et que Sa Sainteté ordonnait aux Rois Catholiques de convertir les habitants au christianisme3. Les Rois Catholiques ont donc eu le souci d’étendre leur empire en même temps que celui du Christ.

Ainsi, l’évangélisation des Amériques se fit durant trois siècles dans un contexte de colonisation ; c’est-à-dire que la Parole de Dieu ne fut pas annoncée aux indigènes dans un climat de liberté, mais qu’elle fut imposée comme faisant partie de l’organisation religieuse établie par les étrangers et selon des structures sociales, économiques et culturelles décidées par les conquérants. De telle sorte que les indigènes n’eurent pas d’autre issue, comme dit H. Diaz-Polanco4, que de choisir entre la mort ou la soumission.

Pour l’Europe ce fut un exploit d’avoir atteint l’Amérique, d’avoir découvert une autre partie du monde : elle développa sa navigation et profita des richesses de ces pays. Cependant, ces succès ne justifiaient ni l’agression perpétrée contre les Indiens d’Amérique, ni leur assujettissement afin de s’approprier leurs personnes...

La nouvelle évangélisation, après 500 ans doit tenir largement compte de l’expérience acquise durant ces années, car elle peut éclairer le travail missionnaire actuel. Mais il est clair que cela demande une lecture critique de l’Histoire en évitant des positions qui justifieraient le passé.

Ombres et lumières

Dans toute l’histoire de l’humanité il y a eu des ombres et des lumières, comme cela a été dit à Puebla (cf. DP 6) ; mais quelles ont été ces ombres et ces lumières pour les Indiens de l’Amérique ? On ne peut pas dire qu’il y a eu un équilibre entre les erreurs et les réussites. Si on regarde les faits du côté des missionnaires, on retient davantage les succès, mais si on les considère du côté des peuples indigènes, on ne peut pas nier les agressions.

D’après le métissage qui existe dans plusieurs pays d’Amérique, on parle de rencontre de deux mondes, de deux cultures (cf. DSD 18). Cependant pour les indigènes ce ne fut pas à proprement parler une rencontre, mais un attentat, puisqu’ils ont été dépouillés de leurs biens, que leurs droits n’ont pas été respectés et qu’on leur a imposé des institutions étrangères. Cette situation demeure encore de nos jours, car les peuples indigènes sont en marge de leur propre territoire.

La loi de l’histoire

Il est vrai aussi que dans l’histoire des peuples il y a eu des choses positives et des choses négatives, comme nous le disent les évêques5, mais nous ne pouvons pas nier, et encore moins justifier, les abus commis à l’égard des Indiens d’Amérique durant cinq siècles, d’autant plus que des chrétiens y ont participé.

Nous les chrétiens, nous savons que ce sont les hommes qui font l’histoire et nous n’acceptons pas d’être soumis à une série d’événements prédéterminés auxquels nous ne pourrions pas échapper. Ainsi, les conceptions de l’histoire, qui apparaissent habituellement dans les documents de l’Église exigent une plus grande précision. Sinon, ils ne nous aideront pas à comprendre la situation actuelle des indigènes et la demande de pardon restera dans des généralités qui ne nous amèneront pas à nous engager avec ce peuple.

Erreurs et réussites

Reconnaître les erreurs

Il n’y a pas de doute que des missionnaires se sont préoccupés des indigènes, et les ont défendus, cependant ils furent une minorité. De plus, on a critiqué les excès, mais personne n’a mis en cause l’autorité espagnole, de telle sorte que cela n’a pas semblé étrange que le contrôle économique et politique soit aux mains de la Couronne d’Espagne.

Quant à la propagation de la foi, les religions indigènes furent rejetées de manière agressive et persécutées systématiquement, parce que considérées comme idolâtres ; de plus, pour les missionnaires, il s’agissait d’une œuvre et d’un piège de Satan. Pour cette raison, dès le début de l’évangélisation, ils ont jugé nécessaire d’effacer "totalement de la mémoire les superstitions, les cérémonies et le culte des faux dieux"6.

Durant la période coloniale, une action pastorale appropriée n’a pas été entreprise, puisqu’en général, on reproduisait les schémas européens. Cependant, les indigènes adoptèrent et adaptèrent quelques pratiques catholiques à leurs coutumes et à leurs usages ; elles sont encore célébrées dans les confréries, dans des communautés indigènes. Mais ni la Couronne, ni l’Église, n’ont compris ces adaptations7 et si, aujourd’hui, les indigènes conservent quelques-unes de ces pratiques, c’est parce qu’elles ont été maintenues dans la clandestinité.

L’espace religieux fut moins contrôlé par les conquérants, et dans ce domaine, les peuples indigènes ont préservé une bonne partie de leurs coutumes dans lesquelles ils recréent leur identité. Pour cette raison, les religions indigènes sont très importantes.

Ainsi, durant cette période, la position de l’Église fut favorable au gouvernement et, dans son action évangélisatrice, non seulement elle convertit au christianisme, mais elle apporta aussi la civilisation, c’est à-dire qu’elle enseigna les pratiques catholiques dominantes de la culture espagnole 8. Il est clair que, aujourd’hui, l’attitude de l’Église latino-américaine est différente et porteuse d’espérance, car à Saint-Domingue, 500 ans après l’invasion, elle a exprimé officiellement l’importance du dialogue avec les religions indigènes (cf. DSD 137). Mais sur ce point, il y a tout un chemin à parcourir.

Plus récemment

À partir de l’Indépendance, l’attaque est venue de la part des gouvernements libéraux. Ils ont continué dans la même voie ; avec cette idéologie, les indigènes ont été exclus du projet national. La conséquence fut que les conditions matérielles de ces peuples se sont détériorées, puisqu’ils ont été expulsés de leurs terres et que leurs valeurs, leurs traditions et leur langue furent combattues. On alla même jusqu’à les considérer comme ennemis du progrès9. Ansi, depuis deux siècles, on a nié l’existence des indigènes, on n’a pas reconnu leurs droits à la différence et à l’autodétermination, puisque les politiques gouvernementales luttent contre les indigènes, par le contrôle et l’intégration10.

Au XIXe siècle, du fait de la diminution du clergé et de la confrontation avec l’État, l’Église ne s’est pas occupée des peuples indigènes et ne les a pas défendus officiellement. Ce fut seulement dans les dernières décennies du XXe siècle qu’elle entreprit une pastorale plus appropriée, mais cette pastorale n’a pas été comprise par tous les agents pastoraux et a dû faire face à beaucoup de difficultés.

Les réussites

Il est clair que durant cette longue période, les actions admirables en faveur des indigènes n’ont pas manqué. Voyons quelques exemples : Au XVIe siècle, plusieurs missionnaires ont étudié les langues et fait des recherches sur les coutumes indigènes et, grâce à ces travaux, nous connaissons aujourd’hui la grandeur de ces peuples. Mais très vite, on a interdit l’usage de tout ce qui était relatif aux religions indigènes, parce que, comme on l’a déjà mentionné, elles étaient marquées par l’idolâtrie. Plus tard, au XVIIIe siècle sous l’influence des Lumières, on interdit l’usage des langues et la pratique des coutumes indigènes parce que l’élite éclairée disait que c’était un obstacle à la civilisation11.

De même, plusieurs agents en pastorale, tout au long des cinq siècles, élevèrent la voix pour défendre les indigènes et même quelques-uns donnèrent leur vie en faveur de cette cause, mais en général il ne furent pas compris de leur temps ; par contre, aujourd’hui, ce sont des exemples pour nous.

La résistance que les peuples indigènes ont montrée au long de ces 500 ans doit aussi être prise en compte. La plupart des peuples du Mexique, malgré la situation douloureuse qu’ils ont eue à souffrir, embrassèrent la foi en Jésus Christ, à leur façon, en la modifiant et en l’adaptant à leurs traditions ; aujourd’hui, ils sont encore vivants et actifs. Cette situation, résultat d’erreurs et de succès, devra être prise en compte par l’Église dans sa recherche d’une nouvelle évangélisation, plus conforme au plan du Seigneur.

Comment orienter la mission aujourd’hui ?

L’action missionnaire de l’Église au milieu des indigènes a un double but : d’abord accomplir sa tâche qui est d’évangéliser les pauvres, d’apporter la liberté aux prisonniers et d’annoncer l’année de grâce du Seigneur (cf. Lc 4, 18s) ; et, deuxièmement, de contribuer à la réparation du dommage commis dans le passé, dont souffrent actuellement les indigènes. Car si l’Église demande pardon, c’est qu’elle accepte sa responsabilité.12

Par conséquent, si Jésus Christ est venu au monde pour que les hommes et les femmes de tous les peuples aient la vie en abondance (cf. Jn 10, 10), la tâche de l’Église est de soigner les blessures et de fortifier ceux qui souffrent, pour que réellement ils aient la Vie, grâce à la Bonne Nouvelle. Pour que cela devienne une réalité chez les peuples indigènes, il faut, actuellement, que l’Église les accompagne, les comprenne et les soutienne dans tout ce qui leur donne la Vie.

Accompagner les peuples indigènes

La présence du missionnaire au milieu des indigènes aura un sens, s’il accompagne ces gens, comme le fit le Ressuscité avec les pèlerins d’Emmaüs (cf. Lc 24, 32), pour qu’ainsi, hommes et femmes, jeunes et adultes, s’encouragent et donnent plus de sens à leur vie. Mentionnons quelques aspects qui peuvent renforcer la vie des peuples indigènes.

L’identité des peuples indigènes a été maltraitée par les violentes attaques subies durant cinq siècles, et aussi par les effets de la modernité. Mais les peuples indigènes d’Amérique, malgré cette situation ont renforcé leur identité à partir de leur expérience.

Ainsi les indigènes, en participant à certains travaux qu’ils n’avaient pas l’habitude de réaliser, découvrent de grandes possibilités pour la vie de leurs peuples. Ils démentent aussi les faux concepts que la classe dominante a répandus en disant qu’ils sont arriérés et vicieux.

Peu à peu aussi, ils se sont rendus compte de l’importance de leur langue et de leurs traditions, parce que grâce à elles, non seulement ils ont gardé la sagesse de leurs ancêtres qui les a aidés à résister, mais, par leur contact avec la Parole de Dieu, ils ont découvert qu’ils font partie du plan de Dieu, puisqu’ils sont l’œuvre du Créateur, et que Dieu a fait toutes choses et les a bien faites (cf. Gn 1, 31). De plus, le Christ n’a pas fait de distinction de personnes, mais il est venu pour sauver les gens de toute race, langue, peuple et nation (cf. He 10, 34s ; Ap 5, 9s).

L’accompagnement doit se faire aussi dans la défense de leurs droits, car les indigènes, comme toutes les personnes, ont des droits, qui, d’une manière ou d’une autre, leur ont été déniés. Mais les peuples indigènes ne sont pas inférieurs à d’autres peuples, ils sont différents et ils en sont conscients, aussi, au Mexique ils ont dit au Pape : "Il faut que tu nous aides à dire que nous avons le droit de vivre tranquilles, de nous procurer notre nourriture, d’avoir nos enfants, de cultiver notre terre, de parler notre langue, de porter nos vêtements ; tu peux nous aider à comprendre que nous avons le droit d’être différents parce que nous sommes égaux". 13

Les droits des indigènes sont protégés par des lois internationales, comme l’Accord 169 de l’OIT,14 mais eet accord n’a pas été ratifié par tous les pays d’Amérique et est encore moins appliqué ; son application exigera beaucoup de luttes.

La dignité des indigènes est fondée sur le fait que ce sont des fils de Dieu et ils le savent, à cause de cela ils le manifestèrent au Saint-Père : "Quand nous allons à l’Église et que nous écoutons la Parole de Dieu, nous nous rendons compte que nous avons tous la même valeur devant Dieu et que Notre Seigneur Jésus Christ est venu spécialement pour les petits et les humbles. Mais quand nous sortons, nous nous rendons compte qu’il n’en est pas ainsi dans la réalité".15

Enfin, il y a des Communautés mieux organisées que d’autres, mais toutes, devant les différentes agressions, renforcent leur organisation. Quelques-unes le font en recouvrant et en renforçant leur système de prise en charge, grâce auquel les indigènes servent leur Communauté avec un véritable sens évangélique ; d’autres Communautés participent à de nouvelles associations de type économique, sanitaire, politique.

Mais à l’intérieur de leur organisation, la structure religieuse occupe une place centrale, ce qui les a aidés à maintenir leur cohérence interne : de fait, cette zone est celle qu’ils contrôlent le mieux. D’ailleurs, pour les indigènes, la vie personnelle et communautaire tourne autour du religieux.

Comprendre les peuples indigènes

Pour accompagner d’une manière effective un peuple, il est élémentaire de le comprendre ; et dans notre cas, il s’agit de comprendre les indigènes et ce qui se rapporte à la situation indigène.

Il faut avoir présent à l’esprit que ce qui a aidé les indigènes à survivre devant les attaques continuelles de la société dominante ce sont : leur cohésion interne, leur organisation sociale, leurs traditions et leurs lois et coutumes16 ; sans cela, ces peuples n’existeraient plus. Mais ils ne peuvent vivre tout le temps sur la défensive, il faut aussi un plus grand espace et des garanties pour développer leurs capacités.

Il est donc indispensable de connaître la situation concrète de la Communauté que l’on prétend évangéliser, c’est-à-dire connaître leurs traditions et coutumes, leurs insuffisances et leurs capacités pour pouvoir collaborer efficacement à la vitalité et à la croissance des personnes.

La personnalité de ces peuples indigènes dépend de leur possibilité d’expression sociale permanente, qui se réalise par le moyen de leurs propres institutions : sociales, politiques et religieuses ; ceci est possible dans une société pluraliste dans laquelle on ne dénigre pas les institutions indigènes, mais on leur permet de se renouveler pour leur développement.

Il est important aussi de comprendre qu’un facteur-clé dans la vie de ces peuples, c’est l’aspect religieux, parce que les indigènes savent que Dieu, "Notre Père et Notre Mère", les a aidés à survivre et les aidera à progresser. Pour cette raison, on pourra difficilement entreprendre un travail sans tenir compte du religieux, puisque cet aspect, non seulement est central dans l’existence de ces gens, mais encore imprègne tous les domaines de leur vie.

Dans ce domaine, la tâche de l’Église devra être, d’une part, de respecter ce que les peuples indigènes ont inculturé au long de ces siècles ; et d’autre part, de favoriser le dialogue religieux pour qu’on ne continue pas à imposer des pratiques religieuses étrangères, mais que réellement on annonce la Bonne Nouvelle, afin que les indigènes croient au Christ à partir de leurs propres valeurs.

Soutenir les peuples indigènes

Une autre tâche importante de la Mission est de soutenir les peuples indigènes dans les luttes qu’ils livrent sur différents fronts, montrant ainsi leur désir de continuer à vivre et à se confier pleinement à Dieu.

Les peuples indigènes sont en train de retrouver leurs connaissances dans les divers domaines de la vie de la Communauté. L’une, très importante, est la médecine traditionnelle. Pour cela plusieurs indigènes, tant hommes que femmes, reçoivent et donnent des cours sur les plantes médicinales et les thérapies curatives.

Les indigènes luttent aussi pour leur autonomie. Ce droit est le minimum qu’on doit reconnaître à ces peuples, depuis 500 ans que leur territoire a été envahi. Devant les nombreux obstacles qui s’opposent à ce droit, Adelfo Regino, leader indigène, déclare : "L’autonomie est la forme d’exercice collectif de la libre détermination que les peuples indigènes du Mexique revendiquent depuis des années. Nous ne souhaitons pas pour autant une séparation par rapport à l’État Mexicain, mais nous demandons uniquement de plus grands espaces de liberté pour posséder, contrôler et gérer nos territoires, pour régler notre vie politique, économique, sociale et culturelle, ainsi que pour intervenir dans les décisions nationales qui nous concernent".17

L’Église, promoteur d’humanité, ne peut ignorer ce droit des peuples indigènes, puisqu’elle défend la vie... En outre, moins ce peuple sera esclave, plus il aura de liberté pour accepter et comprendre la Bonne Nouvelle qu’est le Christ.

La reconnaissance de ce droit demande que les plans de mission ou de pastorale se fassent à partir de la Communauté que l’on évangélise, c’est-à-dire en tenant compte de son avis, en introduisant son histoire et sa culture, avec la participation d’hommes et de femmes du lieu.

Un autre défi, c’est l’union. Depuis le XVIe siècle, les peuples indigènes sont restés éloignés les uns des autres et à partir de 1624, avec la création des États, plusieurs peuples indigènes ont été divisés. Actuellement, les peuples indigènes cherchent à s’unir au niveau régional, national et international. Dans ce domaine, l’Église a beaucoup de possibilités pour collaborer. Quelques secteurs le font déjà.

Finalement la réflexion théologique. Les peuples indigènes ont toujours réfléchi sur leur expérience de foi, mais dernièrement, plusieurs Communautés ont partagé leur théologie, ce qui a été très enrichissant pour tous. Dans ce sens, la mission ou la pastorale qui ne part pas de cette réflexion de foi restera à la surface comme un vernis (cf. EN 20), et n’arrivera pas au cœur des hommes et des femmes indigènes.

Conclusion

La mission ne peut aboutir sans prendre en compte ce qui s’est passé durant les derniers 500 ans. Par conséquent, elle doit prendre en compte l’histoire et la culture des peuples indigènes qu’elle prétend évangéliser.

Comme le Christ a envoyé ses Apôtres pour que les peuples aient la vie, il est fondamental que toute action de l’Église accompagne, comprenne et soutienne les peuples indigènes, dans leur lutte pour la vie, dont la plénitude est atteinte dans le Royaume de Dieu.

De plus, les peuples indigènes manifestent qu’ils ne veulent pas continuer à vivre en marge ni dans la clandestinité, mais désirent vivre avec dignité, comme des êtres humains et des fils de Dieu. C’est un grand défi pour l’action missionnaire de l’Église.

Notes :

1. L’Osservatore romano, édition hebdomadaire en langue espagnole, 17 mars 2000, p. 7.

2. CEM, Del encuentro con Jesuscristo a la solidaridad con todos - Lettre pastorale n° 78 du 25 mars 2000.

3. B. de Sahagún, "Coloquios y doctrina cristiana". En : Léon-Portilla, Miguel, Los diálogos de 1524, p. 79. Les premiers missionnaires se référaient au commandement que le Pape Alexandre VI fit à la Couronne Espagnole dans la Bulle, Inter Cetera (cf. Silvio Zavala, Las lnstituciones jurídicas, pp 213-215).

4."Introducción. Los pueblos indios en les Estados nacionales". En : Diaz-Polanco, Héctor (compilateur), Etnia y nación en América Latina, México, CNCA, 1995, pp. 17s.

5. CEM, op. cit., n° 14.

6. J. Zumárraga et les autres, Lettre à l’Empereur. En : García Icazbalceta, J. Don Fray Juan de Zumárraga, México, Porrúa, 1947, t. III, p. 9 ; D. Durán, Historia de las indias de Nueva España, México, Porrúa, 1984, t. I, p. 3.

7. AGN, Cofradias y archicofradias, vol. l8, exp. 7, f. 257s.

8. Enrique Florescano, Etnia, estado y nación, México, Aguilar, 1996, pp. 209-221.

9. Ibid. pp, 486-493.

10."Introducción. Los pueblos indios en los Estados nacionales". En : Diaz-Polanco, Héctor, op.cit., pp. 24-26.

11. E. Florescano, op. cit, pp. 301-317.

12. Comisión Teológica Internacional, La Iglesia y las culpas del pasado, n° 5.1.

13. "Mensaje de los indígenas de América Latina al Papa Juan Pablo II". En : Samuel Ruiz García, En esta hora de Gracia, México, Dabar, 1993, p. 57.

14.Organizacíon Internacional del Trabajo, "Convenio 169 sobre pueblos indigenas y tribales en países independientes". En : Diaz-Polanco, Héctor, Etnia y nación en América Latina, pp. 373-388.

15. "Mensaje de los indígenas de América Latina al Papa Juan Pablo II". En : Samuel Ruiz García, En esta hora de Gracia, p. 55s.

16. Rodolfo Stavenhagen, "Los derechos indígenas : nuevo enfoque del sistema internacional". En : Diaz-Polanco, Héctor, Etnia y nación en América latina, op. cit., p. 160.

17. México, mecanografiado, p. 10.

Réf. : Spiritus, Vol. XLII, n° 162, mars 2001.