Shalini Mulackal*, pbvm

Christologie Féministe Asiatique


Aujourd’hui, les femmes du monde entier s’éveillent et prennent conscience qu’elles aussi sont des êtres humains créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. De plus en plus de femmes prennent leur juste place dans la société. Elles essaient de participer et d’apporter leur contribution propre dans tous les aspects de la vie sociale. La théologie ou le discours sur Dieu ne fait pas exception, même si elle a été une prérogative masculine jusqu’à tout récemment. Dans la communauté de foi, des femmes de différentes parties du monde réfléchissent et expriment leur foi à part tir de leurs perspectives et de leur expérience propre.


Les discussions théologiques continuent à témoigner du rôle central du Christ dans la foi chrétienne. Au cours des siècles, les chrétiens ont fait de grands efforts pour comprendre et exposer le sens de la personne de Jésus pour leur contexte historique particulier. Aujourd’hui, la question christologique : "Qui dites-vous que je suis ?" reçoit aussi une réponse des femmes asiatiques et cette réponse a un accent particulier, provenant de leurs expériences de souffrance et d’oppression.


Le contexte asiatique


II est essentiel de jeter un coup d’oeil sur le contexte asiatique avant de tenter de répondre à la question : "Qui est Jésus pour les femmes asiatiques?". Le continent asiatique n’est pas seulement immense mais aussi extrêmement divers et complexe. Il totalise environ 58 percent de la population mondiale et les femmes asiatiques représentent un quart de cette population mondiale. L’Asie est le berceau de civilisations et de religions anciennes. Elle est riche en ressources naturelles, en multiplicité de cultures, en langues et en accents ethniques. L’Asie est aussi le lieu où vivent des millions de pauvres illettrés. La pauvreté est une âpre réalité, spécialement en Asie du Sud. Aujourd’hui, le fossé entre les riches et les pauvres s’élargit à une vitesse alarmante en raison de l’économie de marché, de la mondialisation, de la privatisation croissante des ressources, des investissements de sociétés multi et transnationales, etc. Le résultat est une dévalorisation de la dignité humaine des pauvres et un individualisme croissant qui détruit le sens de la communauté. On peut donc résumer la double caractéristique de l’Asie en ces termes: pauvreté de ses masses de population et richesse de ses traditions culturelles et religieuses.


Femmes asiatiques


À l’intérieur de ce contexte global de pauvreté et de privation, la situation de la majorité des femmes est encore plus déshumanisante. En Inde, elles sont les Dalits des Dalits,1 en Corée, les Minjung des Minjung et, en Asie en général, les plus pauvres parmi les pauvres. La participation politique des femmes dans les pays asiatiques est encore très faible. Sur le plan économique, on peut parler d’une féminisation de la pauvreté, c’est-à-dire que de plus en plus de femmes sont pauvres et au chômage. Les tâches domestiques et le soin des enfants n’étant pas rémunérés, la contribution économique des femmes est sous-estimée et laisse croire qu’elles dépendent toujours des hommes.

La violence perpétuée envers les femmes revêt de multiples facettes sur ce continent: l’élimination sélective des foetus féminins, l’infanticide, les pratiques discriminatoires envers les petites filles et les veuves, la violence domestique et les abus sexuels de toutes sortes. En Inde, il y a un viol toutes les 47 minutes, du harcèlement toutes les 44 minutes, des brutalités toutes les 35 minutes et un enlèvement toutes les 44 minutes. Selon le Ministère de la justice, il y a 2 viols d’enfants par jour. La prostitution enfantine est un phénomène croissant en Inde, aux Philippines, en Thaïlande, au Népal, etc.. Selon un étude menée en 1994 par le Bureau International du Travail, rien qu’en Inde, il y aurait 400.000 enfants prostitués....

Dans l’ensemble, les femmes reçoivent toujours moins de nourriture, moins de soins médicaux, moins de possibilités d’éducation ou de travail, moins de repos te de loisir que les hommes. En Asie, les femmes sont sans cesse profondément meurtries et mortellement blessées. Elles ne sont pas seulement réduites en esclavage du fait du militarisme, du néocolonialisme, de l’oppression socio-politique; elles sont encore plus marginalisées du fait de l’aliénation religio-culturelle. Les préjugés patriarcaux profondément ancrés dans les cultures asiatiques continuent à déshumaniser les femmes et à empêcher un grand nombre de faire une expérience de vie qui en vaille la peine et qui ait du sense. Pourtant, cette expérience de discrimination du fait de leur sexe ne peut être séparée d’une situation de pauvreté, de maladie et d’oppression propre aux habitants du tiersmonde. "Quest-ce qui est unique pour nous, femmes asiatique?", demande la théologienne féministeSun Ai Lee-Park de Corée: "c’est le contexte particulier de notre réalité économique, politique et religio-culturelle".


Signification de Jésus pour l’Asie


Les forces d’oppression à l’oeuvre en Inde et ailleurs en Asie prennent leurs racines dans le féodalisme, le capitalisme, dans la vie socio-économique et politique des gens et dans leurs croyances, leurs idées et leurs valeurs. Aujourd’hui, le servage économique est terriblement déshumanisant. Le système des castes tel qu’il est pratiqué en Inde contribue à perpétuer l’inégalité et la déshumanisation. Le néo-confucianisme dans des pays comme la Corée est utilisé comme idéologie culturelle et politique pour renforcer la soumission des femmes et sacraliser les relations hiérarchiques dans la société. C’est dans ce contexte d’oppression que nous posons la question : Qui est Jésus pour les Asiatiques? Nous savons que la majorité d’entre eux n’ont jamais entendu parler du Christ, car seulement 2,3 % des Asiatiques sont chrétiens. Malgré cela, les théologiens asiatiques ont tenté de répondre à la question à partir de différentes perspectives.

Selon le théologien indien Sebastian Kappen, il existe en Inde une triple aliénation de Jésus. Jésus est aliéné par le culte, les dogmes et l’institutionnalisme. "Il (Jésus) est enterré sous le poids des couches accumulées de rituels, de rubriques, de canons, de concepts, de légendes, de mythes, de superstitions et d’institutions... Il est donc du devoir de tous ceux qui ont au coeur le message d’espérance de Jésus, de le libérer de la prison du culte, du dogme et de l’institutionnalisme, pour qu’il puisse, comme jadis, montrer du doigt les scribes, les pharisiens, les anciens, les prêtres et les Hérode d’aujourd’hui".2 Dans l’ensemble, cette observation vaut également pour les autres Églises asiatiques. Si nous voulons que Jésus fasse sens pour ce continent, il faut nous concentrer sur Jésus libérateur et montrer comment il peut être source de lumière et d’inspiration pour les millions d’Asiatiques qui vivent sous le poids de l’oppression organisée.

En même temps, il est encourageant de noter qu’une christologie différente est en train de naître en Asie chez les femmes en général et chez les peuples marginalisés, particulièrement les dalits et les membres des tribus aborigènes 3 en Inde, les Minjung en Corée. Beaucoup d’Asiatiques s’identifient au Christ souffrant, brisé dans la lutte contre l’injustice.4 D’autre part, la caractéristique de Jésus qui peut transformer la société asiatique est sa fonction de prophète. La tâche des prophètes, comme nous le voyons dans l’Ancien Testament, consiste à dénoncer les maux de la société, tout ce qui déshumanise et empêche l’être humain de devenir ce qu’il est appelé à être.

Les évangiles synoptiques témoignent de la proclamation du Règne de Dieu par Jésus (Mc 1,14-15). Cette proclamation était diamétralement opposée à tous les types d’oppression. La vision du Règne de Dieu est celle d’une communauté où chacun a du prix et où tous sont reliés les uns aux autres dans un respect mutuel. Deux éléments étaient tout à fait clairs dans cette proclamation. D’une part, l’épanouissement de la personne et de la communauté humaine dans un projet d’avenir : pas n’importe quel avenir mais l’avenir absolu, libre de toute aliénation ; d’autre part, cet avenir est déjà là, en germe dans la propre personne de Jésus, dans sa parole et son action. 5

La société juive au temps de Jésus était caractérisée par une hiérarchie sociale injuste qui déshumanisait la majorité des gens. Sur cet arrière-plan, Jésus proclame un royaume d’égalité, de justice et d’amour, en paroles et en actes. Les valeurs du Royaume qu’il a prêché étaient subversives, comparées à celles de la société dans laquelle il vivait. Jésus était bien le prophète de la contre-culture. Sa proclamation du Royaume était aussi un appel au repentir, à se détourner du péché et à répondre à Dieu. Un repentir pour les péchés personnels et structurels. Le péché structurel s’exprime en règles, lois, coutumes et institutions déshumanisantes de la société. La critique radicale que Jésus fait de la loi et du culte frappe à la racine du péché structurel.

Tout le message de Jésus peut être résumé en un appel à devenir des êtres humains authentiques.6 En d’autres termes, c’est un appel à répondre à l’invitation que Dieu fait de devenir ce qu’on doit être, de passer d’une existence inauthentique à une existence authentique, de la fragmentation à la plénitude ou au salut. Ce Jésus qui a proclamé le royaume de justice, de liberté et d’alliance et qui a défié toutes les structures oppressives, c’est celui qui fait sens en Asie aujourd’hui.


Qui est Jésus pour les femmes asiatiques ?


Pour répondre à cette question, il est important de rappeler que l’expérience des femmes est fondamentale pour la pratique théologique. Lors de la Consultation de Manille, en novembre 1985, les participants ont ainsi résumé l’expérience asiatique dans leur déclaration finale:

"Dans toutes les sphères de la société asiatique, les femmes sont dominées, déshumanisées et déféminisées ; elles sont objet de discrimination, d’exploitation, de harcèlement; elles sont utilisées comme des objets sexuels et considérées comme des êtres inférieurs et doivent toujours être subordonnées à la soi-disant suprématie masculine. À la maison, à l’église, devant la justice, en éducation et dans les médias, les femmes sont traitées avec préjugés et condescendance".7

Une christologie asiatique féministe jaillit alors d’un processus d’identification avec les femmes opprimées de ce continent. Méme si beaucoup de ces femmes ne sont pas chrétiennes, Jésus est pour elles celui qui prend leur parti, qui vient les guérir de leur situation brisée. Ce Jésus révèle un Dieu qui ne justifie pas l’injustice mais s’y oppose. Les féministes asiatiques essaient de vivre cette christologie en se joignant aux femmes de différentes religions dans une lutte commune pour la vie. Pour elles, Jésus n’est pas le sauveur mais un sauveur, quelqu’un qui, parmi d’autres, montre la voie d’un avenir nouveau au-delà de la pauvreté et de la violence.8 Conscientes du contexte multi-religieux de l’Asie, les féministes asiatiques n’universalisent pas Jésus comme le seul sauveur. Elles contextualisent plutôt son histoire comme un modèle particulier de la lutte de l’espérance en une communauté de justice et d’amour, concrétisée pour elles, ici et maintenant, dans les femmes asiatiques qui luttent pour défendre la vie contre la souffrance injuste. 9

Qui est Jésus pour les femmes asiatiques? Est-il le révélateur masculin d’un Dieu masculin? Les femmes asiatiques voient la masculinité de Jésus comme une particularité historique et non comme indicatrice de la masculinité de Dieu, exclusive du féminin. Les féministes asiatiques sont toutefois conscientes d’appartenir à une Église qui exclut les femmes de l’ordination, sous prétexte que le Jésus historique était de sexe masculin. Elles sont aussi conscientes que "ni la judéité de Jésus, ni sa présence physique au premier siècle dans une communauté n’ont été gardées comme particularité essentielle, contrairement à sa masculinité".10 Elles croient que le Christ ressuscité a transcendé toutes ces particularités, y compris sa masculinité. Elles considèrent que leur tâche est d’affirmer l’humanité de Jésus plutôt que sa masculinité. 11

Les autres éléments de la christologie susceptibles de libérer les femmes en général et les Asiatiques en particulier sont le ministère de Jésus, sa mort et sa résurrection. En Luc 4, 16-19, nous avons en résumé le programme du ministère de Jésus. Celui-ci comprend la proclamation du Règne de Dieu qui est une puissante force de libération pour les femmes. Ceux qui sont à la périphérie des structures établies seront les premiers dans le Royaume. Au cours de son ministère, Jésus a montré sa préférence pour les marginalisés. Les femmes dalit, les minjung, les aborigènes d’Asie peuvent tout à fait s’identifier aux marginalisés du temps de Jésus.

Jésus a traité les femmes avec bienveillance, comme des personnes humaines dignes de respect. Il les a appelées à être ses disciples et elles étaient là, libres de l’accompagner sans aucune crainte de harcèlement (Lc 8, 1-3). Jésus ne les a jamais traitées comme des objets sexuels. Au contraire, ses relations avec elles étaient de personne à personne. En Jean 4, Jésus rencontre la Samaritaine. Le dialogue entre eux est marqué par une commune recherche de la vérité de la vie. Jésus voit cette femme comme une partenaire égale dans le dialogue. Comme le fait remarquer Virginia Fabella : "Non seulement elles (les femmes) comptaient pour lui comme amies, mais il a affirmé qu’elles étaient dignes de confiance et capables d’être des disciples, des témoins, des missionnaires et des apôtres".12 L’attitude de Jésus envers les femmes de son temps et la façon dont il les a traitées est puissance de libération, libération si nécessaire aux femmes asiatiques, susceptible de leur donner une identité propre sans que celle-ci soit dépendante d’un homme.

Les souffrances et la mort de Jésus ont également un sens très fort pour les femmes asiatiques. En écho à leur douleur, l’image qui revient le plus souvent dans les expressions théologiques des femmes asiatiques est l’image du serviteur souffrant. L’image de Jésus souffrant permet aux femmes asiatiques de donner sens à leur propre souffrance et à leur service. Tandis que beaucoup de femmes identifient leurs souffrances à celles de Jésus de façon passive, d’autres voient dans la passion de Jésus un acte de solidarité avec son peuple. Pour elles, Jésus est un homme intègre et compatissant qui s’identifie aux opprimés. "Cette image des souffrances de Jésus donne aux femmes asiatiques la sagesse de faire la différence entre la souffrance imposée par un oppresseur et la souffrance qui découle de prises de positions en faveur de la justice et de la dignité humaine".13 Ainsi, les militantes philippines qui ont repris la lutte pour leurs sceurs et les autres pauvres souffrants considèrent que leur souffrance est rédemptrice.14

D’autre part, quelques femmes ont pris conscience que les sources de leur oppression ne sont pas seulement socio-économiques, mais que cette situation s’enracine dans une longue histoire patriarcale. Alors, en accord avec d’autres théologiennes féministes, elles considèrent la crucifixion de Jésus comme un immense cri contre le patriarcat. Du cóté transpercé du Crucifié, le pouvoir sort transformé en amour qui se donne. La croix nous montre la kénose du patriarcat.15 La kénose de Jésus fut le chemin de sa glorification (Ph 2, 6-11). C’est à cause de sa résurrection que Jésus est proclamé Seigneur. La dimension libératrice de l’image de Jésus comme Seigneur libère les femmes asiatiques de la fausse autorité que le monde exerce sur elles. Reconnaître la seigneurie de Jésus c’est dire non à la domination patriarcale et libérer les femmes asiatiques, les préparant à obéir à Dieu seul et non aux hommes.

En plus de la signification nouvelle donnée aux images traditionnelles de Jésus, tel le serviteur souffrant et le Seigneur, certaines femmes ont créé de nouvelles figures. Elles ont exprimé la présence de Jésus-Christ dans leur culture, dans les religions traditionnelles et dans les mouvements politiques séculiers. Elles osent utiliser certains symboles politico-religieux de leurs mouvements pour décrire la signification de Jésus pour les femmes asiatiques aujourd’hui. Leurs figures christologiques émergent de leur expérience de lutte pour une pleine humanité. Certaines de ces figures représentent Jésus comme libérateur et martyr politique, tandis que d’autres le montrent comme une mère, une femme, une shaman.

Jésus libérateur apparaît dans de nombreux écrits de femmes en divers pays d’Asie. Les femmes aspirent à être libérées des multiples forces oppressives qui pèsent sur elles. La situation historique de l’Asie, faite de siècles de colonialisme, de néocolonialisme, de pauvreté, de dictature militaire et de cultures patriarcales, continue à tenir les femmes dans la soumission. Il leur est donc naturel de voir en Jésus leur libérateur et de se sentir affermies par lui. Les femmes philippines qui participent à la lutte du peuple pour sa libération expérimentent dans leur propre vie " l’événement-Jésus". Elles voient plutôt Jésus comme un révolutionnaire ou comme un martyr politique.16

Un certain nombre de figures féminines de Jésus ont vu le jour dans différents points de l’Asie, suivant les situations et les expériences. La figure de la mère est très répandue. De nombreuses femmes asiatiques voient en Jésus une mère pleine de compassion, qui ressent profondément les souffrances de l’humanité et qui souffre et pleure avec elles. Il pleure avec les mères qui ont perdu leurs fils dans les guerres et avec toutes les femmes coréennes dont les fils et les filles ont été enlevés par la police secrète. Selon la théologienne indonésienne Marianne Katoppo, leur figure de Jésus-mère casse les modèles paternalistes, autoritaires et hiérarchiques de nos vies et construit, entre les personnes, une relation "maternelle et attentionnée, qui met au monde et accompagne la croissance". 17

Outre sa figure maternelle, certaines femmes asiatiques voient en Jésus Christ une figure féminine. Dans son article "Asian Women and Christology", Virginia Fabella partage ce qu’elle a appris des Coréennes. L’expérience de vie des femmes coréennes, en tant que Minjung des Minjung, est elle-même han, parce qu’elles subissent une oppression politico-économique qui s’ajoute à la domination masculine perpétuée par le système confucéen. Han est un sentiment qui mêle le ressentiment et l’indignation en même temps que l’abandon, la résignation et le manque d’estime de soi. Selon une femme coréenne, " Jésus-Christ aura un sens pour nous s’il est l’exorciste de notre han". 18 Pour ces femmes, le salut et la rédemption c’est être libérées du han accumulé. Le shamanisme est la religion coréenne traditionnelle. Dans cette religion, c’est le shaman, habituellement une femme, qui est le guérisseur, le soutien, le conseiller des femmes coréennes, tout comme Jésus le fut durant son ministère public. Les femmes coréennes voient en Jésus le prêtre du han et le voient plus naturellement sous une figure féminine que masculine.

Enfin, la théologienne indienne Gabriele Dietrich, utilise aussi des images féminines pour Jésus. Elle établit un lien entre la menstruation des femmes et le fait que Jésus ait répandu son sang sur la croix. Elle relie l’Eucharistie et l’écoulement de sang mensuel des femmes. Elle exprime cela d’une manière très forte dans son poème:


Je suis une femme

Et tous les mois, mon sang

Me rappelle

Que le sang

C’est la vie.

C’est vous

Qui avez inventé

Les machines de mort

Qui sèment le deuil

Trois kilotonnes d’explosifs

Pour chaque être humain

Habitant de la terre... 19


Dans un contexte global d’oppression, de pauvreté et de souffrance, les femmes asiatiques interprètent quelques figures traditionnelles de Jésus susceptibles de donner sens et but à leur vie de misère. Elles ont aussi créé de nouvelles images, surgies de leur expérience unique. Même si la majorité des Asiatiques ne sont pas chrétiens, ils/elles voient en Jésus un libérateur, un sauveur et un modèle qui peut les aider à transformer leur situation actuelle d’oppression.

Notes:


(1) Cf. article p. 16.

(2) Sebastian Kappen, Jesus and Freedom (Jésus et la liberté), New York, Orbis Books, 1977, p. 23.

(3) Cf. p. 24.

(4) Voir Aloysius Pieris, "Le Christ a-t-il une place en Asie? Vue panoramique", dans Concilium, 246 (1993), pp. 55 sv.

(5) Kappen, op. cit., p. 58.

(6) Kappen, op. cit., pp. 134-135.

(7) Cf. "In God’s Image (à l’ image de Dieu)", septembre 1987, p. 19.

(8) Cf. Virginia Fabella, "Christology from an Asian Woman’s Perspective", in We Dare to Dream: Doing Theology as Asian Women, Maryknoll, N.Y., Orbis, 1990, pp.3-14.

(9) Ibidem.

(10) Monica Melanchton, "Christology and Women" in We Dare to Dream: Doing Theology as Asian Women, Maryknoll, N.Y., Orbis, 1990, p. 17.

(11) Ibid., p.18.

(12) Op. cit., p. 6.

(13) Chung Okyun Kyung, Struggle to be the Sun Again, Maryknoll, N.Y., Orbis Books, 1991, p.57.

(14) Cf. Virginia Fabella, "Asian Women and Christology" dans In God’s Image, Septembre 1987.

(15) Elisabeth A. Johnson, "Consider Jesus: Waves of Renewal in Christology", Londres, Chapman, 1990, p. 111.

(16) "Women and the Christ Event", dans les Actes de la consultation des femmes, Manille, EATWOT (Association oecuménique des théologiens du tiers monde), 1985.

(17) Marianne Katoppo, "Mother Jesus", Logos, octobre 1983, p. 12.

(18) Cf. Virginia Fabella, op. cit., p. 17.

(19) Cité par Chung Hyun Kyung, op. cit., p. 67.


* Shalini Mulackal, Soeur de la Présentation, enseigne la théologie à la Faculté jésuite "Vidyajyoti", à Delhi.


Réf.: Mission de l’Église, supplément du n. 128, juillet 2000.