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Éloi
Messi Metogo, o.p. Et l'Islam en Afrique noire Dominicain camerounais, Éloi Messi Metogo, licencié ès-lettres, docteur en théologie et en histoire des religions, est actuellement professeur de théologie dogmatique à lInstitut Catholique de Yaoundé après avoir été journaliste dans le Service des Informations Catholiques de larchidiocèse de Yaoundé et curé de paroisse. En Afrique, le dialogue avec les religions traditionnelles et lislam est avant tout un dialogue de vie. Pour lavenir, lauteur nous pose la question : la convivialité africaine ne pourrait-elle pas aider au renouvellement du dialogue islamo-chrétien ?
Initié à Vatican II par lÉglise catholique et poursuivi depuis lors, le dialogue interreligieux peut être considéré comme un signe des temps. Loin de constituer une nouvelle stratégie pour obtenir des conversions, il invite les traditions religieuses à prendre conscience de leur responsabilité historique dans un monde divisé, à contribuer de toutes leurs ressources spirituelles à léducation de la paix, condition de la survie de lhumanité1. Au plan strictement religieux, il est indéniable que le dialogue permet à chacun des partenaires dapprofondir le message de sa propre religion2 et dintégrer les valeurs de la religion de lautre. En Afrique noire, le dialogue interreligieux est engagé essentiellement avec les religions traditionnelles et lislam. Dialogue avec les religions traditionnelles Grandes et petites religions ? Le dialogue interreligieux sest surtout intéressé à ce quon appelle "les grandes religions du monde" ou encore "les religions majeures" (le judaïsme, lhindouisme et le bouddhisme), en négligeant les religions traditionnelles dAfrique et dailleurs. Cette situation est le résultat dune hiérarchisation des religions selon laquelle les religions traditionnelles nont pas de fondateurs, sont primitives et ethniques tandis que les "religions majeures" ont des fondateurs, sont historiques, porteuses de civilisation et appelées à un destin universel. Or, pour en rester à lAfrique, les religions traditionnelles sont encore vivantes dans plusieurs régions ; et là où les institutions et les rites ont disparu, les croyances traditionnelles nen continuent pas moins à déterminer les comportements dun grand nombre dAfricains, même convertis au christianisme et à lislam. Comment ne pas prendre au sérieux ces religions à partir du moment où, comme dans les autres religions, des hommes et des femmes y cherchent un sens à leur vie et à leur mort ? On avance aussi quil est difficile, sinon impossible, de dialoguer avec des religions où lon ne trouve pas dinterlocuteurs représentatifs. Ceci nest pas vrai partout. Mais il est certain que ces religions nont pas de magistère et ignorent le prosélytisme. Leurs adeptes accueillent et abandonnent les divinités selon leurs intérêts. Au lieu de privilégier le monde institutionnel et hiérarchique du dialogue, force est de chercher à comprendre ce qui nest pas une conception embryonnaire ou tronquée de la religion mais une autre conception de Dieu, de la religion, impliquant une autre organisation de la communauté. Lextrême tolérance des religions traditionnelles permet la coexistence dans une même famille ou dans une même communauté dadeptes de plusieurs religions : pratiquants de la religion traditionnelle, protestants, catholiques, musulmans. Il en résulte un dialogue de vie informel et non verbal, sur la base dune convivialité où lappartenance à la même famille, à la même couche sociale, la recherche des solutions aux problèmes de la communauté lemportent sur les cloisonnements religieux. Spiritualité africaine On ne devrait pas parler de "religion africaine" au singulier comme la fait le Synode africain, mais toujours au pluriel : même sil y a des ressemblances ou des éléments communs entre un grand nombre de religions, il y a aussi beaucoup de différences. Il faut pratiquement étudier chaque religion si on veut promouvoir une véritable inculturation du christianisme. Si, par exemple, "Ecclesia in Africa" a demandé un complément détude à propos de lintégration du culte des ancêtres dans la liturgie chrétienne (cf. n° 64), cela se justifie à nos yeux par le fait que, à lencontre des idées reçues, les ancêtres noccupent pas la même place et ne jouent pas le même rôle dans toutes les sociétés traditionnelles : lancêtre peut être intermédiaire entre Dieu et les hommes ou prendre la place du Dieu suprême dans le culte comme on le voit chez les Zulu en Afrique du Sud3. Par ailleurs, une certaine théologie préoccupée de trouver des pierres dattente du christianisme dans les traditions religieuses du continent na pas toujours échappé au concordisme. Elle y a massivement projeté des conceptions et des catégories chrétiennes concernant Dieu, la création, le péché, le salut, sans dailleurs se douter que celles-ci sont le produit historique dune longue tradition spéculative quil faut sans cesse réviser à la lumière de lÉvangile et de lexpérience historique des hommes. Il nest pas évident que tous les Africains croient en un Dieu unique, tout-puissant, provident et juge souverain : on ne rencontre même pas partout un Dieu suprême occupant une place à part parmi les divinités. Il nest pas évident non plus que les conceptions africaines de l"au-delà" et de la "vie éternelle" correspondent à leschatologie chrétienne4. Cest le lieu de rappeler que les "sommes et les traités ne sont pas lexpression première de la foi (...). La religion vécue, y compris le christianisme, est faite de sentences, de récits, de légendes, de rites, de lois et de contenus qui ne sunifient que sous lautorité de la tradition, de limpératif des choses à faire et à ne pas faire, car "il en a toujours été ainsi depuis le commencement", "car cela ne se fait pas en Israël", "car tel est lordre du Seigneur, Parole de Dieu..."5. Cest cette "cohérence vivante" quil faut retrouver dans les religions africaines et quil faut mettre en dialogue avec le christianisme. À la suite dEboussi, nous lappellerons "la spiritualité africaine". Dialogue avec lIslam Une certaine méfiance On peut distinguer trois types de présence musulmane en Afrique noire : les pays où lislam est fortement majoritaire (Sénégal, Niger, Nigeria, Tchad...) ; les pays où la communauté musulmane est assez considérable, parfois en nombre équivalent ou légèrement supérieur à la communauté chrétienne (Burkina Faso, Cameroun, Côte dIvoire, Tanzanie...) ; les pays où les musulmans représentent une minorité quantitativement négligeable (Gabon, Congo Démocratique, Rwanda, Afrique du Sud...)6. Il nexiste pas de lourd contentieux historique entre le christianisme et lislam : les rivalités engendrées par la concurrence religieuse nont jamais dégénéré en croisades organisées. Pendant la période coloniale, le pouvoir choisit de gouverner par lintermédiaire des chefs musulmans tout en veillant à ce que les communautés musulmanes ne subissent pas linfluence de courants panislamiques et xénophobes venus dAfrique du Nord et du Proche-Orient. De leur côté, les leaders musulmans accueillent avec la plus grande réserve la culture que le colonisateur chrétien transmet par le canal de ses écoles. Depuis lindépendance, les chefs musulmans ont perdu le prestige dont ils jouissaient sous le régime colonial et, dune manière générale, ils font un réel complexe dinfériorité devant la force et linfluence de lÉglise à travers sa structure et ses uvres socio-caritatives destinées à tous. Les chrétiens plus scolarisés ont eu plus facilement accès aux postes techniques et administratifs, et aux responsabilités politiques. Mais aujourdhui, les musulmans envoient leurs enfants à lécole européenne et ils ont de plus en plus conscience dappartenir à la communauté musulmane internationale dont ils reçoivent de laide financière. Il faut dire quà la méfiance des chefs musulmans vis-à-vis du christianisme apporté par le colonisateur a correspondu la méfiance des missionnaires à légard de lislam, une attitude de peur, voire de mépris. Beaucoup de communautés chrétiennes en sont encore là malgré lindépendance politique et le concile Vatican II, ce qui ne favorise pas la connaissance mutuelle et le dialogue. Dialogue de vie Mais lislam populaire et la convivialité africaine dont il a déjà été question favorisent un dialogue de vie qui ne tient pas compte de lappartenance religieuse ou qui laisse entendre que toutes les religions se valent. Beaucoup de musulmans envoient leurs enfants dans les écoles catholiques. Outre les liens dentraide et de solidarité entretenus dans la vie quotidienne, il y a des initiatives communes de plus grande envergure pour lutter contre la sécheresse, développer une région, monter des activités culturelles entre jeunes, etc. Il arrive quun curé en visite pastorale dans un village ne puisse pas loger décemment ailleurs que chez le chef musulman. Au Cameroun, un évêque fait 10 km à pied pour atteindre un village perdu dans la brousse. Les habitants du village se rassemblent autour de lui et, parmi dautres problèmes, on aborde celui de la case-chapelle à construire. Un musulman donne cinq tôles en disant : "Vous êtes les seuls à nous visiter, il faut ici une case pour Dieu". Le dialogue de vie ne fait pas disparaître la méfiance et les rivalités entre deux religions à prétention universelle. Le dialogue rencontre aujourdhui deux obstacles de nature différente : la montée de lindifférence religieuse, surtout parmi les jeunes, et les mouvements de réislamisation. Lappel à lÉtat islamique se fait entendre au Sénégal, au Nigeria, au Soudan, au Tchad. Les chrétiens sont considérés comme des citoyens de second ordre, on leur impose la loi musulmane. Le dialogue spécifiquement religieux existe depuis Vatican II mais il ne sest pas beaucoup développé. Ici et là, des sessions et des cours sont organisés dans les séminaires et les centres de formation de catéchistes. La Conférence épiscopale dAfrique de lOuest, par exemple, a créé une commission pour lislam et chaque Conférence nationale a fait de même. Les rencontres entre les responsables chrétiens et musulmans sont généralement restées rares, occasionnelles et protocolaires. Mais actuellement, les changements sociopolitiques en cours obligent les chefs religieux à se concerter. Au Nigeria où le conflit islamo-chrétien est fortement politisé, lÉtat a dû établir un corps consultatif interreligieux.7 Perspectives
Le dialogue interreligieux suppose la connaissance et le respect de lautre mais aussi et même dabord lapprofondissement de sa propre identité religieuse. Il exige des chrétiens et des musulmans quils renoncent à larrogance et à limpérialisme. Du point de vue chrétien, lanathème et le débat apologétique et dogmatique ne sont pas les seuls moyens de défendre une universalité du christianisme qui nest pas seulement à proclamer mais aussi à faire. Il faut explorer les autres formes de la mission de lÉglise que le dialogue interreligieux nous permet de découvrir ou de redécouvrir : la présence, le dialogue de vie, le service, la promotion humaine, la prière et la contemplation, linculturation. Un salut total Il convient de poursuivre le dialogue commencé avec les religions traditionnelles dans les Églises indépendantes ou afro-chrétiennes. La "spiritualité africaine" entendue comme la manière dont lhomme africain se rapporte au monde, aux vivants et aux morts, rejette le dualisme métaphysico-cosmologique, lindividualisme et linculcation artificielle de langoisse du salut 8, salut qui est conçu dabord pour ce monde, ici et maintenant, dans la fidélité à la terre. Il sagit dêtre délivré des forces sorcières responsables de la maladie, de la pauvreté, de la stérilité ; de resserrer les liens qui unissent les membres de la communauté, de retrouver la communion avec les ancêtres dont lesprit structure et anime la communauté. Les religions traditionnelles rappellent aux chrétiens que lamour et la solidarité ne doivent pas être seulement proclamés mais concrètement vécus. Linstitution de chaires de théologie traditionnelle dans les facultés de théologie permettrait de découvrir la sobriété de la pensée traditionnelle sur Dieu, à la fois absent et présent au plus près de la vie. On ne peut pas se servir de lui pour dominer les autres. On ne peut plus prêcher un christianisme du salut de lâme qui naurait rien à dire ni à faire pour transformer le monde. Sur ce point la conception intramondaine du salut que nous avons notée va dans le sens de lÉvangile, et il est urgent que les Églises officielles intègrent les préoccupations essentielles de la spiritualité africaine. Mais cette conception du salut saccompagne le plus souvent du recours immédiat aux puissances surnaturelles. Cest ici que le christianisme met en question le refus de leffort et du travail, la mentalité magique qui croit pouvoir résoudre tous les problèmes par le recours au rite. Il met aussi en question le déni de la condition humaine dans les attitudes devant la souffrance et la mort. La recherche systématique des coupables, empoisonneurs ou jeteurs de mauvais sorts, engendre la méfiance et la haine et conduit parfois à la violence. La foi chrétienne ne supprime pas la souffrance et la mort mais donne de les vivre autrement, à la lumière de la résurrection. On parle beaucoup de lÉglise comme famille de Dieu depuis le Synode africain. Cest une interpellation en vue "dune fraternité au-delà de lethnie", fondée sur lobéissance à la parole de Dieu dont lAfrique a plus que jamais besoin. Mieux connaître pour mieux collaborer Nous lavons dit, la convivialité entre les chrétiens et les musulmans est menacée par les mouvements dislamisation et darabisation, mais elle fait encore partie de la vie africaine et il est urgent de lévangéliser. Pour cela, il faut dépasser la conception de la mission comme implantation de lÉglise. Il faut aussi exorciser la méfiance et la peur qui persistent aussi bien du côté musulman que du côté chrétien. Sous prétexte de ne pas fragiliser des communautés chrétiennes souvent jeunes et minoritaires, on met les chrétiens dans lincapacité de rendre compte de leur foi : "Là où ils attendent une parole dencouragement, ils ne reçoivent que mise en garde, polémique et mépris par rapport aux musulmans, surtout dans les zones où lislam est minoritaire ou dit étranger 9." Lattention aux plus pauvres, la solidarité et la justice sont des valeurs et des exigences partagées par les chrétiens et les musulmans. Ils peuvent travailler ensemble à lédification dune société plus humaine et plus fraternelle. Ils peuvent aussi se concerter pour relever le défi du développement et chercher des solutions aux problèmes posés par la société urbaine et industrielle. On ne peut pas négliger le dialogue proprement religieux dans la mesure où le fondamentalisme musulman se présente comme un "domaine des sciences religieuses islamiques". Bien sûr, pour dialoguer, il faut se rencontrer, cesser de sexclure mutuellement. Leffort doit alors porter dabord sur la défense des droits de lhomme pour assurer un minimum de tolérance. Mais cet effort peut tirer parti dun débat engagé, du point de vue du Coran, sur limportance accordée au politique et à lÉtat par les islamistes au détriment des valeurs religieuses damour, de tolérance et de paix. Concernant la formation théologique, Jacques Jomier estime qu"au lieu de sattarder à situer dans le détail les positions de Paul de Samosate, dArius et dautres", les professeurs ordinaires de dogme et dexégèse dans les facultés de théologie et les séminaires devraient réserver du temps pour examiner à loisir ce que le dogme musulman fait de la révélation, de la corruption de la Torah et des Évangiles, de lunité de Dieu, de la personne de Jésus et de luniversalité de sa mission10. L annonce de lÉvangile parmi les musulmans nétant pas réservée à quelques spécialistes, il importe dassurer linformation et la formation des clercs et des laïcs dans ce domaine, comme le fait déjà la commission des relations entre chrétiens et musulmans de la Conférence épiscopale dAfrique de lOuest en publiant des brochures qui favorisent une connaissance islamo-chrétienne réciproque. Il est souhaitable quau moins dans les diocèses où les musulmans sont présents, une personne soit formée en vue du dialogue et nommée à cet effet. Des initiatives possibles Dautres tâches pastorales peuvent et doivent être envisagées selon les situations. Au Tchad par exemple, où les chrétiens sont marginalisés par le pouvoir musulman, ils demandent au clergé de les soutenir et de les protéger. Certains désapprouvent laction socio-caritative de lÉglise en faveur des musulmans. LÉglise refuse de se transformer en ghetto et engage des actions concrètes pour favoriser le dialogue : - louverture des musulmans à la différence en favorisant leur accès à la langue française ainsi quà la littérature arabe ouverte à la modernité ; - le maintien dans les établissements scolaires et les autres uvres de lÉglise dun esprit favorable à la rencontre interreligieuse. Selon leur lieu dimplantation et leur projet, les uvres veillent à maintenir une proportion satisfaisante entre leurs élèves, enseignants ou employés chrétiens et musulmans "afin de garantir la sauvegarde de lesprit et de la manière dagir" ; - la défense de la laïcité de lÉtat dans les relations des pouvoirs publics avec les diverses confessions religieuses11. Si léchange des expériences spirituelles est le point culminant du dialogue interreligieux, pourquoi ne pas prendre des initiatives au plan local dans le sens de la rencontre dAssise en 1986 et des messages que le Pape adresse à la communauté musulmane mondiale à loccasion du Ramadan ? Au colloque sur Lannonce de Jésus-Christ et la rencontre avec les religions en septembre 1991 à Paris, on a suggéré laccompagnement du Ramadan par les chrétiens12. Il est indéniable que la convivialité africaine peut apporter un modèle pour "renouveler un dialogue islamo-chrétien encore trop exclusivement conduit par les Arabes et les Européens" (Luc Moreau). À condition, bien sûr, quelle résiste aux diverses formes de fanatisme quon observe ici et là.
Notes : 1. Cf. Claude Geffré, Profession théologien. Quelle penseé chrétienne pour le XXIe siecle ? Entretiens avec Gwendoline Jarezyk, Albin Michel, Paris 1999, pp. 152-153. 2. Ibid., pp 156-157. 3. Voir L. - V. Thomas et R. Luneau, Les religions dAfrique noire. Textes et traditions sacrés, T. I. Stock, Paris 1981 (2e édition), pp. 78-85. 4. Voir la première partie, de notre ouvrage, Dieu peut-il mourir en Afrique ? Karthala UCAC, Paris-Yaoundé, 1997. 5. F. Eboussi Boulaga, Christianisme sans fétiche, Révélation et domination, Présence Africaine, Paris 1981, p. 79. 6. Voir H. Tessier et J. Stamer, "Église dAfrique et Islam. Quelle évangélisation ?", Spiritus 123, mai 1991, p. 167. 7. Pour une connaisance approfondie de lislam noir et de ses relations historiques avec le christianisme, on lira René Luc Moreau, Africains musulmans, Présence Africaine INADES Éditions Abidjan, 1982. Très bonne bibliographie. 8. Voir Eboussi-Boulaga, op. cit., pp. 78-83. 9. H. Teissier et J. Stamer, art. cit., p. 178. 10. Cf. J. Jomier, Pour connaître lIslam, Cerf, Paris, 1988, pp 180-183. 11. Voir Mgr Charles Vandame, Les relations chrétiennes-musulmanes au Tchad, Contribution de lÉglise du Tchad à la préparation du Synode spécial sur lAfrique, Ndjamena, décembre 1991, 9 pages dactylogrophiées. 12. Voir la synthèse théologique finale de Joseph Doré, Spiritus 126, février 1992.
Réf. : Spiritus, Vol. XLI, n. 160, septembre 2000.
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